Figuier de Barbarie : une étude met en évidence un potentiel neuroprotecteur face au manganèse

Une équipe de chercheurs vient de publier des résultats encourageants sur les propriétés neuroprotectrices du figuier de Barbarie. Réalisée chez l’animal, cette étude suggère qu’un extrait de cladodes pourrait atténuer les lésions cérébrales provoquées par une exposition chronique au manganèse, un métal dont la toxicité est connue pour affecter le système nerveux.

Les travaux, publiés dans l’Egyptian Journal of Basic and Applied Sciences, sont signés par le Dr Hala Harifi, de l’Université Ibn Tofaïl de Kénitra, en collaboration avec plusieurs chercheurs internationaux. Ils portent sur les effets d’un extrait éthanolique de cladodes de figuier de Barbarie (Opuntia ficus-indica) dans un modèle expérimental de neurotoxicité induite par le manganèse.

L’objectif consistait à déterminer si cette plante, largement présente au Maroc et reconnue pour sa richesse en composés antioxydants, pouvait limiter les dommages neurologiques provoqués par une exposition prolongée à ce métal.

Le manganèse, un oligoélément indispensable mais potentiellement toxique

Indispensable au bon fonctionnement de l’organisme à faible dose, le manganèse peut devenir nocif lorsqu’il est inhalé ou absorbé de manière chronique. Une exposition prolongée est susceptible d’entraîner des troubles neurologiques regroupés sous le terme de « manganisme », une affection dont certains symptômes rappellent ceux de la maladie de Parkinson.

Les auteurs rappellent que ce syndrome a été décrit au Maroc dès les années 1950 chez des travailleurs exposés au manganèse, soulignant l’intérêt de poursuivre les recherches sur les mécanismes de protection du cerveau face à cette toxicité.

L’étude a été menée chez des rats exposés quotidiennement au manganèse pendant douze semaines. Les animaux ayant reçu simultanément un extrait de figuier de Barbarie ont présenté de meilleures performances motrices, une diminution des comportements anxieux et dépressifs ainsi qu’une amélioration de la fonction olfactive par rapport au groupe exposé uniquement au manganèse.

Les analyses biologiques montrent également une réduction du stress oxydatif dans plusieurs régions du cerveau. Les chercheurs ont notamment observé une baisse de plusieurs marqueurs associés aux lésions cellulaires provoquées par les espèces réactives de l’oxygène.

Des recherches à poursuivre avant toute application clinique

Selon les auteurs, ces effets pourraient être liés à la richesse des cladodes en polyphénols, flavonoïdes et autres composés bioactifs capables de neutraliser le stress oxydatif, considéré comme l’un des mécanismes impliqués dans de nombreuses maladies neurodégénératives.

Ces observations confortent l’intérêt scientifique porté aux ressources végétales locales dans la recherche de nouvelles approches thérapeutiques, même si les mécanismes précis restent encore à approfondir.

Les chercheurs insistent toutefois sur un point essentiel : ces résultats ont été obtenus dans un modèle animal. Ils ne permettent pas de conclure à une efficacité chez l’être humain ni de recommander l’utilisation du figuier de Barbarie à des fins thérapeutiques.

Pour les auteurs, ces travaux constituent avant tout une base scientifique qui pourrait ouvrir la voie à de nouvelles recherches précliniques et, à terme, à des essais cliniques destinés à évaluer le potentiel neuroprotecteur de cette plante dans certaines affections neurologiques.

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