L’Agence Africaine du Médicament (AMA) a officiellement lancé « AfriVigilance », une plateforme numérique destinée à renforcer la surveillance des médicaments à l’échelle du continent. Ce nouvel outil doit permettre aux autorités sanitaires africaines de détecter plus rapidement les effets indésirables, d’améliorer le partage des données et de consolider les décisions réglementaires fondées sur les preuves.
Le lancement d’AfriVigilance est intervenu le 29 juin, à l’issue de la première réunion du comité de pilotage du projet. Cette instance réunit des représentants de plusieurs autorités nationales de réglementation du médicament, notamment d’Ouganda, d’Égypte, du Sénégal, du Zimbabwe et du Congo, ainsi que des partenaires internationaux, parmi lesquels la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) du Royaume-Uni, la Fondation Gates et la société Qinecsa.
AfriVigilance centralisera les informations relatives aux effets indésirables des médicaments, des vaccins et d’autres produits de santé. Les données recueillies seront analysées afin d’identifier plus rapidement d’éventuels signaux de sécurité et d’appuyer les décisions des autorités réglementaires.
L’objectif est également de faciliter les échanges d’informations entre les agences nationales du médicament, d’harmoniser les pratiques de surveillance et d’améliorer la réactivité face aux risques pouvant apparaître après la mise sur le marché d’un produit de santé.
L’une des particularités du projet réside dans son ambition de suivre un médicament tout au long de son cycle de vie, depuis les essais cliniques jusqu’à son utilisation en pratique courante. Selon l’AMA, cette approche permettra de produire des données africaines sur la sécurité des produits de santé, alors que le continent développe progressivement ses capacités de recherche clinique et de fabrication pharmaceutique.
La plateforme vise ainsi à réduire la dépendance aux données générées dans d’autres régions du monde et à renforcer la capacité des autorités africaines à évaluer elles-mêmes le profil de sécurité des médicaments utilisés par leurs populations.
Pour le Maroc, cette initiative s’inscrit dans une dynamique déjà engagée autour du renforcement des vigilances sanitaires. L’Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé (AMMPS) dispose d’un Centre National des Vigilances Sanitaires et de Gestion des Risques chargé de recueillir et d’analyser les déclarations d’effets indésirables liés aux médicaments, aux vaccins et aux autres produits de santé.

