OpenAI a annoncé, fin octobre, une modification importante de ses conditions d’utilisation. ChatGPT n’est désormais plus autorisé à délivrer de conseils médicaux ou juridiques personnalisés.
Cette décision intervient après plusieurs cas où des utilisateurs ont suivi des recommandations générées par ChatGPT dans des contextes sensibles, parfois au détriment de leur santé.
L’entreprise précise que son chatbot conserve une fonction d’information générale. Il pourra encore expliquer un diagnostic, décrire une procédure ou clarifier le rôle d’un médicament, mais sans jamais orienter un utilisateur vers un traitement ou un choix médical précis. Une mise à jour qui illustre la prudence croissante des acteurs de l’IA face aux usages non encadrés, notamment dans les domaines où une erreur peut avoir des conséquences graves.
Quelle place pour l’IA dans la santé ?
Cette évolution soulève une question centrale : quelle place donner à l’intelligence artificielle dans la pratique médicale ? C’est justement l’un des thèmes abordés par le Pr Amal Bourquia dans son ouvrage « Le médecin à l’ère de l’intelligence artificielle ». Néphrologue et présidente de l’association Reins, elle y explore les promesses et les limites de cette révolution numérique.
Selon elle, l’IA peut améliorer le diagnostic et réduire les inégalités d’accès aux soins, à condition d’être encadrée par des règles éthiques claires et adaptées au contexte marocain et africain.
Le Pr Bourquia insiste sur la nécessité de préserver la dimension humaine du soin : « La machine peut assister, jamais ressentir ». Elle plaide pour une intégration progressive et responsable de l’IA, où la technologie complète le médecin sans le remplacer.
Alors qu’OpenAI fixe des limites à son propre outil, la réflexion de la chercheure marocaine rappelle que l’avenir de la médecine numérique dépendra avant tout de l’usage que l’humain choisira d’en faire.

