Les orientations de la réforme du système de santé ont été au centre des échanges lors de la réunion de la Commission des secteurs sociaux, tenue le lundi 29 décembre 2025, immédiatement après la séance plénière.
La rencontre, présidée par Hamid Nougou, président de la commission, s’est déroulée en présence du ministre de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS), Amine Tehraoui. Cette réforme repose notamment sur la mise en place des groupes sanitaires territoriaux, prévus par la loi n°08.22. Selon le ministre, ce dispositif vise à structurer l’offre de soins à l’échelle régionale, à améliorer la coordination entre établissements et à rapprocher la décision sanitaire des territoires.
Une expérimentation pilote est en cours dans la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Le modèle regroupe, au sein d’un établissement public unique, un centre hospitalier universitaire, 22 hôpitaux, 295 centres de santé et près de 7.000 professionnels. Le groupe est entré en fonction en octobre 2025, après l’installation de son conseil d’administration en juillet.
Selon Amine Tehraoui, les premiers retours font état d’une meilleure organisation des parcours de soins, d’une gestion régionale unifiée des ressources humaines et d’un renforcement de la coordination entre structures. Un système d’information régional a également été déployé afin d’assurer un suivi continu des patients.
Le ministre a précisé que la généralisation des groupes sanitaires territoriaux se fera de manière progressive à partir de 2026. Le calendrier dépendra de la préparation de chaque région, notamment en matière d’organisation, de ressources humaines et d’infrastructures. Des concertations élargies seront organisées avant chaque lancement.
En parallèle, Amine Tehraoui a rappelé le rôle stratégique des centres hospitaliers universitaires (CHU) dans la réforme du système de santé. Ces établissements concentrent les soins spécialisés, la formation médicale et la recherche scientifique, tout en contribuant à réduire les inégalités territoriales.
Plusieurs projets sont en cours ou en voie d’achèvement. À Agadir, le CHU Mohammed VI a ouvert en novembre 2025 avec une capacité de 867 lits. À Laâyoune, l’avancement des travaux atteint 85 %, pour une mise en service prévue début 2026. À Rabat, le nouveau CHU Ibn Sina progresse à un rythme soutenu, avec une livraison attendue en juin 2026.
D’autres projets concernent Guelmim, Errachidia et Béni Mellal, avec des capacités comprises entre 376 et 520 lits. L’objectif est d’élargir l’accès aux soins spécialisés et de limiter les déplacements vers les grands pôles hospitaliers.
Le ministre a souligné que ces investissements visent à améliorer la qualité des soins, à renforcer la formation des professionnels et à soutenir la recherche médicale. Ils s’inscrivent dans une vision globale de modernisation du système de santé.
Amine Tehraoui a enfin insisté sur l’importance d’un suivi continu de la réforme, orienté vers l’ajustement des dispositifs et la résolution des contraintes opérationnelles. Selon lui, l’évaluation accompagne le déploiement, sans remettre en cause le choix stratégique opéré par l’État.

