Ressources humaines en santé : Amine Tehraoui détaille la répartition des spécialistes et la réforme du recrutement

Le ministre de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS), Amine Tehraoui, a détaillé la stratégie de renforcement des ressources humaines médicales lors d’une séance de questions orales à la Chambre des conseillers.

Les échanges ont porté sur la répartition des médecins spécialistes en 2025 et sur les réformes structurelles engagées pour réduire les déséquilibres territoriaux.

Pour l’année 2025, le ministère a ouvert 543 postes de médecins spécialistes, dont 480 ont déjà été pourvus. Ces affectations couvrent au moins 76 provinces et préfectures, avec pour objectif de garantir la présence d’un spécialiste dans chaque territoire concerné.

Selon le ministre, la répartition repose sur une approche stratégique à trois axes. Près de 42 % des postes ont servi à renforcer des hôpitaux en déficit ou des établissements en phase d’ouverture. 41 % ont été orientés vers des spécialités indispensables aux gardes et obligations de service. Les 17 % restants ont permis de compenser des départs temporaires ou définitifs.

Des renforts ciblés dans plusieurs régions

Certaines régions ont bénéficié d’un renforcement plus marqué. La région Béni Mellal–Khénifra a reçu 66 médecins spécialistes, soit 12 % des affectations nationales. À l’échelle provinciale, Tétouan arrive en tête avec 25 postes, suivie de Fquih Ben Salah avec 21 postes, puis Azilal et Béni Mellal avec 18 postes chacune.

Par ailleurs, 171 postes ont été affectés à des hôpitaux jusque-là dépourvus de certaines spécialités. Cette opération a permis à 74 établissements d’introduire au moins une nouvelle discipline médicale, notamment en anesthésie-réanimation, chirurgie générale, pédiatrie et gynécologie-obstétrique.

Amine Tehraoui a rappelé que le manque de personnel de santé, surtout dans les zones rurales et montagneuses, constitue un problème structurel. Selon lui, les solutions ponctuelles ne suffisent plus face à un déficit accumulé sur plusieurs décennies.

La réponse retenue repose sur une réforme globale, combinant formation, recrutement et incitations. Cette approche s’inscrit dans le cadre de la réforme du système de santé et du chantier de la protection sociale.

Une montée en puissance de la formation médicale

Le ministère a engagé une extension significative de la capacité de formation. Quatre nouvelles facultés de médecine et de pharmacie ont été créées, portant le total national à neuf. La capacité d’accueil est passée de 2.700 étudiants en 2021 à 6.500 en 2025, soit une progression de plus de 140 %.

Pour accompagner cette dynamique, 6.500 postes budgétaires ont été ouverts en 2025. Le gouvernement prévoit 8.000 recrutements supplémentaires en 2026, afin de faciliter l’intégration rapide des nouveaux diplômés dans le système de santé.

Des indicateurs en progression, mais sous surveillance

Ces mesures commencent à produire des effets mesurables. Le ratio national des professionnels de santé est passé de 1,75 pour 1.000 habitants en 2020 à 2,05 en 2025. Le ministre souligne toutefois que cet indicateur reste perfectible, notamment dans certaines régions à forte contrainte géographique.

La réforme de la fonction publique sanitaire a également introduit un nouveau système de rémunération, combinant part fixe et part liée à la performance. Des indemnités spécifiques ciblent les zones difficiles afin d’en renforcer l’attractivité.

Priorité aux zones rurales et enclavées

Dans une logique d’équité territoriale, le ministère a orienté 52 % des affectations vers les zones rurales et à forte contrainte en 2024. Cette proportion devrait atteindre 70 % fin 2025, puis 72 % en 2026, selon le calendrier annoncé.

Cette politique concerne l’ensemble des profils, des médecins généralistes aux infirmiers, en passant par les sages-femmes et les cadres de santé familiale. Elle s’appuie sur une évaluation régionale précise des besoins.

Amine Tehraoui a souligné que la réorganisation des ressources humaines, associée à la montée en puissance de la formation et au déploiement des groupes sanitaires territoriaux, constitue un pilier de la réforme sanitaire.

L’objectif reste d’améliorer l’accès aux soins spécialisés, de renforcer les capacités des hôpitaux régionaux et de réduire durablement les inégalités d’accès aux services de santé.

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