Le développement d’une industrie pharmaceutique africaine plus intégrée était au cœur du Forum sur la fabrication pharmaceutique et l’intégration régionale en Afrique du Nord, organisé par l’Agence de développement de l’Union africaine (AUDA-NEPAD) et la Fédération Marocaine de l’Industrie et de l’Innovation Pharmaceutiques (FMIIP).
La rencontre a réuni plusieurs acteurs institutionnels et industriels, parmi lesquels le nouveau président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Mehdi Tazi, la présidente de la FMIIP, Yasmine Filali Lahlou, ainsi que le directeur général de l’Agence marocaine des médicaments et des produits de santé (AMMPS), le Pr Samir Ahid.
Les échanges ont porté sur les moyens de renforcer les capacités de production pharmaceutique du continent afin de réduire sa dépendance aux importations. Les intervenants ont rappelé que l’Afrique supporte près de 25 % de la charge mondiale de morbidité, alors qu’elle importe encore environ 60 % des médicaments qu’elle consomme. Une situation qui souligne les défis auxquels le continent reste confronté en matière d’accès aux traitements et de sécurité des approvisionnements.
Le Maroc mise sur son industrie pharmaceutique
À cette occasion, Mehdi Tazi a rappelé que le Maroc, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a fait de la souveraineté sanitaire une priorité stratégique. Grâce à une industrie pharmaceutique qui couvre près de 70 % des besoins nationaux en volume, le Royaume dispose, selon lui, d’une base solide pour contribuer à une ambition plus large : le développement d’une souveraineté sanitaire africaine fondée sur une production régionale renforcée.
Le président de la CGEM a estimé que cette dynamique passe par une coopération accrue entre les pays africains afin de développer des chaînes de valeur régionales capables de répondre aux besoins du continent, tout en renforçant sa résilience face aux crises sanitaires et aux ruptures d’approvisionnement.
Vers une meilleure intégration régionale
Pour accélérer cette transformation, les participants ont identifié plusieurs leviers d’action, notamment l’harmonisation des réglementations, le renforcement de la compétitivité des intrants et des chaînes de production, ainsi que la mutualisation de la demande à l’échelle continentale afin de favoriser les investissements et l’émergence de champions pharmaceutiques africains.
À travers ce forum, l’AUDA-NEPAD, la FMIIP, l’AMMPS et les représentants du secteur privé ont réaffirmé leur volonté de promouvoir une industrie pharmaceutique plus intégrée, capable de produire davantage de médicaments en Afrique pour répondre aux besoins des populations du continent et faire de la santé un moteur d’intégration économique et de développement industriel.

