La ville de Laâyoune a été le théâtre, en marge du Symposium International sur le Don d’Organes et la Transplantation (SIDOT’25), d’un accord de coopération majeur entre la Société Marocaine pour les Thérapies Régénératives (MSRT) et RegenLab Africa, filiale du groupe suisse RegenLab.
Ce partenariat, signé à la faculté de médecine et de pharmacie de Laâyoune, marque une nouvelle étape dans le développement des thérapies cellulaires et tissulaires au Maroc.
En présence de chercheurs, d’universitaires et de professionnels du secteur biomédical, cette convention vise à structurer un cadre de collaboration autour de la recherche clinique, de la formation des professionnels de santé et de la diffusion sécurisée des thérapies régénératives. Ces dernières, en plein essor dans le monde, s’appuient sur l’utilisation de cellules, de tissus ou de facteurs de croissance pour réparer, restaurer ou remplacer des fonctions biologiques altérées.
Un tournant scientifique et médical pour le Royaume
Ce partenariat s’inscrit dans la stratégie nationale visant à promouvoir les biotechnologies médicales comme levier de modernisation du système de santé. La MSRT, qui regroupe des cliniciens, des chercheurs et des experts en ingénierie tissulaire, voit dans cette coopération une opportunité de renforcer l’expertise locale tout en s’alignant sur les standards internationaux en matière de qualité, d’éthique et de sécurité.
RegenLab, de son côté, apporte son savoir-faire en matière de dispositifs médicaux innovants, notamment dans l’usage du plasma riche en plaquettes (PRP) et d’autres techniques éprouvées dans le traitement de lésions ostéo-articulaires, dermatologiques, ou encore dans le domaine de la médecine esthétique et réparatrice.
Selon les termes de l’accord, des projets conjoints de recherche appliquée seront lancés dès le second semestre 2025. Ceux-ci s’appuieront sur des protocoles validés au niveau international, tout en tenant compte des spécificités du contexte marocain. L’un des premiers axes de travail concernera l’intégration des thérapies régénératives dans la prise en charge des pathologies musculo-squelettiques, particulièrement fréquentes dans les zones rurales et les milieux professionnels exposés.
Un volet formation est également prévu. Des sessions pratiques et théoriques, encadrées par des experts marocains et étrangers, seront organisées à destination des médecins, chirurgiens, biologistes et pharmaciens. Objectif : favoriser une appropriation rapide des nouvelles technologies et créer une masse critique de professionnels capables de porter l’innovation sur le terrain.
Un signal fort en faveur de la régionalisation de la recherche médicale
Le choix de Laâyoune pour la signature de cet accord n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une logique de valorisation des régions du Sud comme pôles émergents de savoir et d’innovation. En installant cet événement dans une ville emblématique du Sahara marocain, les organisateurs ont voulu affirmer que l’excellence scientifique peut, et doit rayonner au-delà des grandes métropoles.
Cette démarche rejoint les orientations nationales en matière de régionalisation avancée et de réduction des inégalités territoriales, notamment dans l’accès aux soins de pointe et à la formation médicale continue.
Ce partenariat ne se limite pas aux frontières nationales. Il s’inscrit dans l’ambition, portée par la MSRT et soutenue par RegenLab, de positionner le Maroc comme un acteur central de l’innovation clinique en Afrique. Dans un continent confronté à de nombreux défis sanitaires, les thérapies régénératives offrent des réponses prometteuses à des pathologies chroniques ou dégénératives encore mal prises en charge.
À terme, le développement de plateformes de recherche et d’expérimentation au Maroc pourrait servir de tremplin à une coopération Sud-Sud élargie, impliquant d’autres pays africains désireux de bénéficier d’une expertise et d’une infrastructure conformes aux normes internationales.
Ce partenariat illustre le tournant amorcé par la recherche médicale marocaine. En pariant sur la médecine régénérative, le Royaume anticipe une révolution thérapeutique qui remet le patient au centre du soin, en misant sur ses propres capacités biologiques de réparation. C’est un pari audacieux, mais porteur d’espoir, tant pour les professionnels de santé que pour les patients. Un pari que le Maroc semble bien décidé à relever.

