L’entrée en vigueur des nouveaux marchés de sécurité privée et de nettoyage dans plusieurs établissements de santé de Salé suscite des inquiétudes au sein des professionnels. Un bureau syndical dénonce une réduction des effectifs, une réorganisation jugée inadaptée et des répercussions sur le fonctionnement quotidien des structures de santé. Il appelle les autorités sanitaires à revoir les modalités de mise en œuvre de ces contrats.
Selon un document consulté par Santé Mag, le bureau local du Syndicat national de la santé publique (FDT) du Centre médical de proximité Tabriquet critique les conditions de déploiement des nouveaux marchés de sécurité privée et de nettoyage dans les établissements relevant du Centre hospitalier Prince Moulay Abdellah de Salé. Le syndicat estime que les choix opérés par la Direction régionale de la Santé et de la Protection sociale de Rabat-Salé-Kénitra ont entraîné plusieurs dysfonctionnements affectant l’organisation des établissements concernés.
Dans son communiqué, le syndicat affirme que le passage à un système de trois rotations quotidiennes, en remplacement de deux équipes, s’est accompagné d’une diminution du nombre d’agents de sécurité privée et de personnels de nettoyage présents simultanément dans les établissements. Selon lui, cette réorganisation est intervenue sans évaluation préalable des besoins propres à chaque structure de santé.
Les représentants syndicaux estiment que cette réduction des effectifs fragilise les conditions de sécurité des professionnels, des patients et des infrastructures, tout en affectant la qualité du nettoyage, le respect des règles d’hygiène et le fonctionnement quotidien des établissements.
Ils évoquent également une transition insuffisamment préparée, qui aurait entraîné une répartition déséquilibrée des ressources humaines et provoqué des difficultés organisationnelles dans plusieurs services.
Des interrogations sur la gestion des marchés
Le bureau syndical s’interroge par ailleurs sur le maintien d’un prestataire chargé des services de sécurité dans certains établissements, alors que celui-ci aurait, selon ses responsables, déjà fait l’objet de signalements pour des dysfonctionnements administratifs et logistiques.
Les signataires indiquent que plusieurs rapports et correspondances administratives auraient été adressés aux responsables du Centre hospitalier provincial afin d’alerter sur ces difficultés. Ils considèrent que les nouveaux marchés auraient dû permettre de corriger ces insuffisances plutôt que de reconduire certaines situations tout en réduisant les moyens humains mobilisés.
Au-delà des revendications formulées par le syndicat, cette situation relance la question de l’organisation des prestations externalisées dans les établissements publics de santé. Les services de sécurité et de nettoyage, bien qu’ils ne participent pas directement aux actes de soins, jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement des structures hospitalières, la prévention des risques et la qualité de l’accueil des patients.
Dans son communiqué, le syndicat demande notamment le rétablissement des effectifs concernés, une réévaluation des besoins réels des établissements, l’ouverture d’une enquête administrative sur les conditions de mise en œuvre des nouveaux marchés et une gouvernance davantage fondée sur la concertation avec les responsables locaux.

