Le report du projet de décret réformant les modalités de fixation des prix des médicaments continue de susciter des réactions au sein du secteur pharmaceutique. Si les premières informations ont principalement mis en avant une baisse des prix des médicaments les plus coûteux, la Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc (CSPM) affirme que le texte prévoit également une révision des prix de nombreux médicaments dont le Prix Fabricant Hors Taxe (PFHT) est inférieur ou égal à 300 dirhams.
Prévu à l’ordre du jour du Conseil de gouvernement, le projet de décret a finalement été retiré afin de permettre un examen approfondi des observations formulées autour du texte. Ce report intervient dans un contexte de désaccords autour de la réforme et de pressions attribuées à certains acteurs de l’industrie pharmaceutique. Ces éléments sont rapportés par le quotidien et n’ont pas fait l’objet d’une confirmation officielle.
Le projet vise notamment à revoir les mécanismes de fixation des prix des médicaments. Parmi les mesures évoquées figurent une révision automatique des prix tous les trois ans, contre cinq ans actuellement, ainsi que la suppression de la marge de 10 % accordée aux importateurs.
Les médicaments les plus onéreux, dont certains atteignent plusieurs dizaines de milliers de dirhams, figurent également parmi les principales cibles de cette réforme, avec pour objectif de réduire la charge supportée par l’Assurance maladie obligatoire (AMO).
La CSPM dénonce un impact bien plus large
La CSPM estime toutefois que le périmètre du projet est beaucoup plus large. Dans une publication diffusée après le report du texte, son président, le Dr Mohamed Lahbabi, affirme que les articles 14 et 18 du projet de décret prévoient explicitement une révision triennale des médicaments princeps dont le PFHT est inférieur ou égal à 300 dirhams, sur la base de la moyenne des prix pratiqués dans les pays de référence. Selon lui, l’article 19 prévoit également que les médicaments génériques et biosimilaires seront automatiquement révisés en fonction de la baisse appliquée aux médicaments princeps correspondants.
Pour la CSPM, ces dispositions concernent une part importante des médicaments délivrés quotidiennement dans les officines. Le syndicat estime qu’une baisse des prix sur cette tranche pourrait avoir un impact direct sur l’équilibre économique des pharmacies, contrairement aux déclarations attribuées à Mounir Tadlaoui, selon lesquelles les médicaments dont le PFHT est inférieur ou égal à 300 dirhams seraient préservés.
À ce stade, le projet de décret n’a pas encore été adopté. Le report de son examen laisse donc ouvertes plusieurs interrogations, notamment sur le périmètre définitif de la réforme et sur les éventuelles modifications qui pourraient être apportées avant son retour devant le Conseil de gouvernement. En l’absence de la version officielle définitive du texte, les différentes interprétations continuent d’alimenter le débat entre les pouvoirs publics et les représentants de la profession pharmaceutique.

