Grippe : l’OMS met en avant les progrès du Maroc dans la surveillance des virus respiratoires

En une dizaine d’années, le Maroc a profondément renforcé son dispositif de surveillance de la grippe grâce au soutien du Cadre de préparation en cas de grippe pandémique (PIP). L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) salue des avancées qui dépassent aujourd’hui le seul virus grippal et consolident la capacité du Royaume à détecter rapidement les menaces respiratoires émergentes.

Le Maroc poursuit le renforcement de son système de surveillance des infections respiratoires. Dans une mise à jour publiée le 10 juillet, l’OMS souligne les résultats obtenus grâce au partenariat mis en place depuis 2014 dans le cadre du Pandemic Influenza Preparedness (PIP) Framework.

Conduit avec le ministère de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS), ce programme a permis de développer les capacités du Centre national de la grippe et d’étendre le réseau de surveillance à dix sites sentinelles répartis dans neuf des douze régions du Royaume. Formations, accompagnement technique, évaluations sur le terrain et contrôles qualité ont accompagné cette montée en puissance.

Des capacités de diagnostic déployées sur l’ensemble du réseau

Les progrès sont particulièrement visibles au niveau des laboratoires. En 2014, seules deux régions disposaient d’outils de diagnostic moléculaire de la grippe. Aujourd’hui, les dix sites sentinelles réalisent des analyses par RT-PCR en temps réel grâce à la technologie GeneXpert.

Pour l’OMS, cette évolution améliore la rapidité d’identification des virus circulants et facilite la détection précoce d’éventuels foyers épidémiques. Les données recueillies alimentent également la surveillance nationale et internationale de la grippe saisonnière.

Les investissements réalisés avant la pandémie de Covid-19 ont également servi de socle à la réponse sanitaire face au SARS-CoV-2. L’OMS rappelle que le réseau initialement développé pour la grippe a pu être rapidement mobilisé afin d’augmenter les capacités nationales de dépistage.

Au plus fort de la crise, le Maroc a ainsi réalisé 287.173 tests en une semaine, illustrant la capacité du dispositif à s’adapter rapidement à une nouvelle menace infectieuse. Pour l’organisation, cette expérience montre l’intérêt de disposer d’infrastructures de laboratoire capables d’être mobilisées au-delà d’un seul agent pathogène.

Des compétences renforcées dans les secteurs public et privé

Depuis 2022, le Royaume ne limite plus sa surveillance au virus de la grippe. Le dispositif suit désormais simultanément la grippe, le virus respiratoire syncytial (VRS) et le SARS-CoV-2, conformément aux recommandations de l’OMS.

Le Maroc a également renforcé la surveillance génomique. Une partie des prélèvements positifs fait l’objet d’un séquençage afin d’identifier les évolutions des virus en circulation. Les données sont ensuite partagées sur la plateforme internationale GISAID, tandis que les souches isolées sont transmises aux centres collaborateurs de l’OMS pour contribuer au suivi mondial des variants et à l’actualisation des vaccins contre la grippe.

L’effort de renforcement des capacités ne s’est pas limité aux structures publiques. Fin 2021, un programme national de formation a concerné 204 professionnels de laboratoire répartis dans huit régions, dont des équipes issues de 183 laboratoires privés. Trois campagnes d’évaluation externe ont également permis d’harmoniser les méthodes d’analyse et les procédures de transmission des résultats.

Pour l’OMS, ces investissements ont permis au Maroc de disposer d’un système de surveillance plus robuste et mieux coordonné. Les prochaines priorités porteront sur le maintien de la qualité des analyses, le développement de la surveillance génomique et la consolidation des mécanismes de coordination afin d’anticiper les futures menaces respiratoires.

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