L’infertilité n’est plus un sujet réservé aux femmes. Les spécialistes rappellent depuis plusieurs années que les deux partenaires sont concernés à parts égales. Au Maroc, les dernières données situent la part des facteurs masculins entre 40 et 50 %, un niveau qui reflète les tendances observées ailleurs. Cette réalité s’impose désormais dans les consultations d’urologie et de médecine reproductive.
Le mode de vie joue un rôle majeur dans cette évolution. Le tabac, l’obésité, la sédentarité, le stress, la chaleur excessive et les troubles du sommeil altèrent la qualité du sperme. Les varicocèles, longtemps sous-diagnostiquées, sont mieux repérées grâce à des bilans plus systématiques. Les hommes consultent aussi davantage, portés par une prise de conscience progressive de l’importance de leur santé reproductive.
Dans le cadre de Movember, Santé Mag s’est entretenu avec le Pr Youness Ahallal, chirurgien urologue et référence nationale en chirurgie robotique. Il insiste d’emblée sur l’importance d’intégrer l’homme dans le parcours d’évaluation dès les premiers mois. Ses explications permettent de mieux comprendre les causes, les examens clés et les solutions disponibles au Maroc.
Une cause masculine présente dans un cas sur deux
Pour le Pr Ahallal, la réalité est claire : « Environ la moitié. L’infertilité n’est pas une affaire féminine : c’est un sujet de couple où l’homme est concerné autant que la femme ». Ce constat remet l’équilibre au centre du débat et rappelle que le dépistage doit être simultané chez les deux partenaires.
Le diagnostic repose d’abord sur un examen simple et rapide : « Le spermogramme reste l’examen clé : simple, rapide et très informatif ». Il peut être complété par une échographie, un bilan hormonal ou une analyse génétique selon le profil du patient. Ces examens permettent d’identifier l’origine du problème et d’adapter la prise en charge.
Des avancées rapides en médecine reproductive
Les technologies avancées renforcent aujourd’hui les possibilités thérapeutiques. Le Pr Ahallal le rappelle : « La robotique intervient dans certaines reconstructions, les varicocèles complexes ou les biopsies testiculaires de précision. Sa finesse permet de préserver au maximum le tissu et la fertilité ». Cette approche minimalement invasive améliore les résultats tout en préservant les structures sensibles.
Les habitudes quotidiennes restent un facteur déterminant. Le spécialiste insiste : « Il est énorme. Tabac, obésité, stress, manque de sommeil, chaleur excessive : tout cela diminue la qualité du sperme. La bonne nouvelle, c’est que ce sont des facteurs sur lesquels on peut agir ». La modification du mode de vie représente ainsi une étape essentielle, souvent efficace dès les premiers mois.
Les progrès récents transforment la prise en charge. Le Pr Ahallal évoque un avenir proche marqué par l’innovation : « L’intelligence artificielle, l’analyse automatisée des spermatozoïdes, les techniques de prélèvement de plus en plus fines et la préservation de la fertilité chez l’adolescent. La médecine reproductive avance très vite ». Ces outils renforceront la précision du diagnostic et amélioreront les chances de conception.

