L’arrivée du sémaglutide au Maroc, annoncée lors d’une rencontre scientifique organisée à Marrakech par Novo Nordisk et Laprophan, intervient alors qu’ITPC-MENA met en garde contre les effets des règles actuelles sur l’accès aux traitements innovants.
La coalition, active dans la région MENA et engagée pour des politiques du médicament plus équitables, a publié le 19 novembre une analyse soulignant les risques liés à l’exclusivité des données cliniques qui accompagne l’enregistrement d’Ozempic®. Cette protection peut retarder l’arrivée des génériques du sémaglutide et maintenir des prix élevés, au détriment des patients vivant avec le diabète.
Dans son analyse, ITPC-MENA ne remet pas en question l’efficacité du sémaglutide. L’organisation insiste plutôt sur l’impact du cadre réglementaire actuel. La protection, de cinq ans, accordée aux données cliniques empêche l’enregistrement des génériques, même lorsque ces versions sont déjà utilisées sur d’autres marchés.
ITPC-MENA souligne que cette règle rigidifie l’accès aux alternatives plus abordables, surtout face à un traitement dont le prix dépasse plusieurs centaines d’euros par mois dans certains pays.
Un appel à plus de flexibilité
Cette critique intervient alors que le Maroc prépare un nouveau décret encadrant l’Autorisation de Mise sur le Marché. ITPC-MENA appelle les autorités sanitaires à introduire davantage de flexibilité, en s’inspirant d’exemples étrangers comme celui de la Jordanie, qui lève l’exclusivité des données lorsque le médicament est déjà commercialisé à l’international depuis plus de 18 mois. Pour la coalition, ce type de mécanisme favorise l’arrivée rapide des génériques, tout en préservant l’innovation réelle.
Le lancement du sémaglutide et l’alerte d’ITPC-MENA rappellent que l’accès aux traitements innovants ne dépend pas seulement de leur disponibilité sur le marché. Il repose aussi sur un cadre réglementaire capable de concilier recherche, prix justes et équité thérapeutique.
Le Maroc se trouve aujourd’hui à un moment charnière : garantir l’accès à des médicaments comme le sémaglutide tout en renforçant sa souveraineté pharmaceutique et sa stratégie de santé publique.

