Cancer : des chiffres qui inquiètent, une mobilisation qui tarde

Alors que les cas de cancer explosent à l’échelle mondiale, le Maroc n’échappe pas à la tendance. D’après les dernières données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), le nombre de nouveaux cas pourrait grimper à plus de 35 millions d’ici 2050, soit une hausse de 77 % par rapport à 2022. Une alerte mondiale qui doit aussi sonner localement.

En 2022, le Maroc a enregistré plus de 50.000 nouveaux cas de cancer, contre 30.000 en 2004. Une progression marquante, soulignée par le Dr Tayeb Hamdi, médecin et expert en politiques de santé. Selon lui, cette hausse est alimentée par la croissance démographique, le vieillissement de la population, la sédentarité, le surpoids et d’autres facteurs liés au mode de vie.

Le cancer est ainsi passé de la 7e à la 4e cause de morbidité entre 2004 et 2016, devenant la deuxième cause de mortalité après les maladies cardiovasculaires, avec un taux estimé à 13,4 %.

Un défi de santé publique à plusieurs fronts

Au Maroc, le cancer du sein domine largement chez les femmes, suivi par ceux de la thyroïde, du col de l’utérus, du côlon et des ovaires. Chez les hommes, ce sont les cancers du poumon, de la prostate, du côlon, de la vessie et les lymphomes non hodgkiniens qui prédominent. En 2022, l’OMS estime que le pays a connu près de 63.000 nouveaux cas et 37.000 décès liés au cancer.

Face à cette réalité, les efforts de prévention restent encore en deçà des attentes. Pourtant, deux tiers des décès par cancer pourraient être évités, rappelle l’OMS. Cela passe par l’arrêt du tabac, la réduction de la consommation d’alcool, une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et la limitation de l’exposition à certains polluants.

La vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) et l’hépatite B, ainsi que les programmes de dépistage pour les cancers les plus fréquents, sont aussi des leviers majeurs dans la lutte contre la maladie. Mais au Maroc, leur adoption reste encore trop timide.

Un appel à l’action

La lutte contre le cancer ne peut reposer uniquement sur les structures hospitalières. Elle exige une mobilisation collective : des politiques publiques efficaces, un renforcement des campagnes de sensibilisation, l’implication des professionnels de santé mais aussi une responsabilisation des citoyens.

Face à l’ampleur du fléau, le Maroc se doit de passer d’une logique curative à une approche résolument préventive, en plaçant l’éducation à la santé au cœur de ses priorités.

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