L’ouverture d’une usine de Plasticpack Morocco à Sidi Bou Othmane a suscité une réaction de Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord. L’organisation appelle les autorités à privilégier des alternatives aux plastiques à usage unique, estimant que leurs conséquences concernent autant l’environnement que la santé publique.
L’inauguration de cette nouvelle unité industrielle a relancé le débat sur la place des plastiques à usage unique au Maroc. Dans un communiqué, Greenpeace MENA reconnaît que le développement industriel et la création d’emplois constituent des objectifs importants.
L’organisation estime toutefois qu’ils doivent être conciliés avec la protection de l’environnement et de la santé. Elle appelle les autorités à orienter les futurs investissements vers des solutions fondées sur la réutilisation et le réemploi plutôt que sur les produits jetables.
L’organisation demande également un renforcement de la responsabilité des producteurs ainsi qu’un soutien du Maroc aux négociations internationales en faveur d’un traité mondial contre la pollution plastique.
Selon les estimations reprises par Greenpeace MENA, près de 75.000 tonnes de déchets plastiques rejoignent chaque année le milieu marin marocain, générant des pertes économiques évaluées à 26 millions de dollars pour la pêche, le tourisme et le transport maritime.
Pour l’ONG, les futurs projets industriels devraient être évalués non seulement selon leurs retombées économiques, mais aussi au regard de leurs effets à long terme sur les populations et les écosystèmes.
Une exposition déjà documentée par les spécialistes
Cette alerte rejoint les explications apportées, en avril dernier, par la Dr Hala Harifi, docteure en physiologie, toxicologie et santé, dans un précédent entretien accordé à Santé Mag. Elle rappelait que les plastiques renferment de nombreux additifs chimiques, dont certains bisphénols, phtalates ou retardateurs de flamme, susceptibles de migrer vers les aliments, l’eau ou l’air au fil du temps.
La spécialiste soulignait également que les microplastiques, issus de la dégradation de ces matériaux, avaient déjà été détectés dans l’eau, les aliments, l’air intérieur, mais aussi dans plusieurs tissus humains, notamment le sang, le placenta et les poumons.
Dans ce même entretien, la Dr Harifi expliquait que plusieurs de ces substances étaient considérées comme des perturbateurs endocriniens, capables d’interagir avec le système hormonal. Elle rappelait que les travaux scientifiques évoquaient des effets potentiels sur la fertilité, le métabolisme, la fonction thyroïdienne ou encore le développement neurologique, tout en précisant que les conséquences d’une exposition chronique aux faibles doses et aux microplastiques continuaient d’être étudiées.
Elle recommandait notamment d’éviter de chauffer les aliments dans des contenants plastiques, de limiter l’usage des produits fortement emballés et de privilégier des matériaux comme le verre ou l’acier inoxydable afin de réduire l’exposition quotidienne.

