Hantavirus : l’OMS déclare officiellement la fin de l’épidémie liée au MV Hondius

Treize cas, trois décès et une mobilisation sanitaire dans 33 pays. Deux mois après l’apparition des premiers cas à bord du navire d’expédition MV Hondius, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime que l’épidémie de virus Andes est désormais terminée. Cet épisode inédit apporte toutefois de nouvelles connaissances sur le seul hantavirus connu capable de se transmettre entre êtres humains.

L’OMS a officiellement déclaré la fin de l’épidémie de virus Andes (ANDV) associée au navire de croisière MV Hondius. L’annonce intervient après l’achèvement de la période de surveillance de l’ensemble des personnes exposées, sans qu’aucun nouveau cas ne soit détecté depuis le 25 mai. Selon l’organisation, le dernier contact identifié a terminé sa quarantaine, a obtenu un résultat négatif aux tests et a pu regagner son domicile.

Au total, l’épidémie a concerné 13 personnes, dont 12 cas confirmés en laboratoire et un cas probable. Trois patients sont décédés, ce qui correspond à un taux de létalité de 23 %. Les treize cas concernaient exclusivement des personnes ayant voyagé à bord du MV Hondius. Parmi les dix patients hospitalisés, huit sont guéris, tandis que deux poursuivent encore leur traitement en Afrique du Sud et en France.

Les investigations indiquent que les premiers cas auraient probablement été contaminés avant l’embarquement, lors d’un séjour en Argentine, au Chili et en Uruguay comprenant des excursions d’observation ornithologique dans des zones où vivent les rongeurs porteurs du virus. Les analyses épidémiologiques et génomiques suggèrent ensuite qu’une transmission interhumaine limitée s’est produite à bord du navire.

Un foyer maîtrisé, mais une vigilance maintenue

Les hantavirus sont habituellement transmis par des rongeurs infectés, notamment par inhalation de particules provenant de leurs urines, de leurs excréments ou de leur salive. Le virus Andes constitue toutefois une exception. Il est actuellement le seul hantavirus dont une transmission entre humains est clairement documentée.

L’OMS rappelle néanmoins que cette transmission reste peu fréquente et survient essentiellement lors de contacts étroits et prolongés. Plus de 650 contacts ont été identifiés et suivis dans 33 pays et territoires, sans qu’aucune nouvelle chaîne de transmission ne soit observée après le 25 mai.

Les symptômes de l’infection peuvent associer fièvre, fatigue intense, douleurs musculaires, douleurs abdominales, vomissements, diarrhée et difficultés respiratoires. Ils apparaissent généralement entre deux et quatre semaines après l’exposition, mais peuvent parfois survenir plus d’un mois plus tard, ce qui explique la durée prolongée de la surveillance imposée aux passagers.

Si l’épisode lié au MV Hondius est désormais clos, l’OMS souligne que le virus Andes et les autres hantavirus continuent de représenter un risque sanitaire en Amérique du Sud, où ils circulent naturellement chez certaines espèces de rongeurs. L’organisation appelle ainsi à poursuivre les efforts de surveillance, de recherche et de préparation afin de mieux comprendre les mécanismes de transmission et d’améliorer les capacités de réponse face à de futures flambées épidémiques.

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