La Société Marocaine de Pharmacologie et de Thérapeutique (SMPT) a réuni, ce 25 avril, cliniciens, pharmaciens, chercheurs et décideurs autour d’un enjeu important du système de santé national : mieux utiliser le médicament pour améliorer les résultats chez les patients.
Placée sous le thème « simplifier les traitements, améliorer l’adhésion, élargir l’accès aux soins », cette édition s’inscrit dans une dynamique de transformation du système de santé, où la qualité des prescriptions ne suffit plus à garantir l’efficacité thérapeutique.
Dès l’ouverture, la Pr Houda Filali, présidente de la SMPT, a insisté sur la nécessité de repenser les pratiques. Simplifier ne signifie pas réduire, mais adapter les traitements aux conditions réelles de vie des patients.
Médecins, pharmaciens, chercheurs et responsables institutionnels ont échangé autour d’un même objectif : améliorer l’efficacité des traitements dans la pratique quotidienne.
Le fil conducteur de cette édition repose sur trois axes : simplifier les stratégies thérapeutiques, renforcer l’adhésion et faciliter l’accès aux soins.
L’adhésion thérapeutique, point de bascule des résultats
Les discussions ont rapidement convergé vers un constat partagé. Une part importante des patients ne suit pas correctement son traitement.
Cette réalité ne tient pas à un seul facteur. Elle résulte d’un enchaînement de difficultés : complexité des prescriptions, effets secondaires, contraintes financières ou manque d’explications. Chaque rupture fragilise le parcours de soins. Elle réduit l’impact du traitement, même lorsqu’il est bien prescrit.
Les intervenants ont insisté sur une idée simple : l’efficacité d’un médicament dépend autant de son usage que de sa qualité.
Plusieurs interventions ont détaillé des pistes d’action. La simplification des schémas posologiques reste un levier direct pour améliorer l’adhésion.
L’optimisation des formes galéniques et la désintensification thérapeutique permettent d’alléger la charge pour le patient. Ces approches visent à adapter le traitement à la vie réelle, sans compromettre son efficacité. Elles reposent sur une meilleure compréhension des contraintes vécues par les patients.
Mieux intégrer l’adhésion dans l’évaluation des soins
La journée a également abordé la place de l’adhésion dans les politiques de santé. Plusieurs experts ont plaidé pour son intégration dans l’évaluation des technologies de santé.
Le coût de la non-adhésion a fait l’objet d’un focus spécifique. Hospitalisations évitables, complications et perte de chance pour les patients en constituent les principales conséquences. Ces impacts pèsent aussi sur l’équilibre du système de santé.
Les outils digitaux ont occupé une place importante dans les échanges. Suivi connecté, intelligence artificielle et exploitation des données offrent de nouvelles possibilités. Ils peuvent améliorer le suivi des patients et anticiper les ruptures d’adhésion.
Les intervenants ont toutefois rappelé une limite. La technologie doit soutenir la relation de soin, sans s’y substituer.
Une réflexion collective appelée à se prolonger
La JBUM 2026 s’inscrit dans une dynamique de collaboration entre acteurs publics et privés. Elle favorise le partage d’expériences et l’émergence de solutions adaptées au terrain.
Au terme de la journée, un message s’impose. Le médicament ne produit ses effets que s’il s’inscrit dans un parcours compris et accepté par le patient.
L’adhésion thérapeutique s’impose ainsi comme un levier central pour améliorer durablement la qualité des soins au Maroc.

