Semaine mondiale de l’allaitement maternel : encore trop d’obstacles pour un geste naturel

La Semaine mondiale de l’allaitement maternel, célébrée chaque année du 1er au 7 août, met en lumière l’importance de cette pratique pour la santé des nourrissons et des mères. Au Maroc, malgré des efforts engagés ces dernières années, l’allaitement exclusif reste encore en deçà des objectifs fixés par les autorités sanitaires.

Selon les dernières données disponibles, seuls 35 % des nourrissons de moins de six mois sont allaités exclusivement, alors que le pays visait 50 % d’ici à 2025, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’allaitement exclusif consiste à nourrir l’enfant uniquement avec du lait maternel, sans ajout d’eau, de tisane ou de lait artificiel, pendant les six premiers mois. Il est reconnu pour ses bénéfices sur la croissance, la prévention des infections, la réduction de la mortalité infantile et les effets positifs à long terme sur la santé.

Des freins persistants

Parmi les obstacles identifiés, plusieurs études pointent un démarrage souvent retardé dans les maternités. Le contact peau à peau dans la première heure de vie, recommandé pour stimuler la lactation, n’est pas systématique. Par ailleurs, le recours précoce aux compléments (lait infantile ou eau sucrée) est encore courant dans certaines structures hospitalières.

Une recherche conduite en 2025 dans le nord-est du pays a mis en avant un autre facteur : le manque d’implication des pères. D’après les auteurs de l’étude, près de 90 % des pères interrogés avaient peu de connaissances sur les bienfaits de l’allaitement maternel. Or leur rôle, même indirect, influence souvent la durée de l’allaitement.

Sur le plan social, la reprise du travail est fréquemment citée comme l’un des principaux motifs d’interruption. Peu d’entreprises disposent d’aménagements adaptés pour les mères allaitantes, et la durée du congé de maternité reste insuffisante pour assurer six mois d’allaitement exclusif.

Un levier pour la santé publique

L’enjeu dépasse le cadre individuel. Dans un contexte où le retard de croissance touche encore 15 % des enfants de moins de cinq ans et où près d’une femme sur trois souffre d’anémie, le soutien à l’allaitement apparaît comme un levier important pour améliorer les indicateurs de santé au niveau national.

Pour plusieurs spécialistes, les pistes d’action passent par un accompagnement renforcé des mères dès la naissance, la formation continue des professionnels de santé, un suivi postnatal structuré, et une meilleure information des familles.

À l’occasion de cette semaine mondiale, le ministère de la Santé et de la Protection sociale rappelle, dans un communiqué publié le 1er août, l’importance de renforcer les interventions communautaires et institutionnelles pour améliorer les pratiques d’allaitement, en lien avec les objectifs du Plan Stratégique National de Nutrition 2024-2030.

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