Le 1er août marque une date importante pour la santé mondiale. C’est la Journée mondiale du cancer du poumon, une date qui, au-delà du symbole, vient rappeler une réalité bien ancrée au Maroc : ce cancer reste l’un des plus meurtriers dans le pays, notamment chez les hommes. Malgré les campagnes, malgré les lois anti-tabac, la maladie continue de gagner du terrain.
En 2025, les derniers chiffres disponibles confirment la tendance. Le royaume enregistre désormais plus de 40.000 nouveaux cas de cancer chaque année, toutes localisations confondues. Parmi eux, le cancer du poumon figure toujours en tête chez les hommes, représentant à lui seul plus d’un cas sur cinq, selon les estimations du ministère de la Santé relayées en février dernier.
Un diagnostic souvent trop tardif
Dans la majorité des cas, le lien est direct. Le tabagisme reste le principal facteur de risque. Chez les hommes, près de 90 % des cas sont liés à la consommation de tabac. Pourtant, les politiques de lutte contre le tabac peinent à s’imposer sur le terrain. Les lois existent, mais leur application reste inégale. Et la sensibilisation, bien qu’intensifiée ces dernières années, n’atteint pas encore toutes les cibles.
Autre point d’alerte : la détection. La plupart des patients arrivent à l’hôpital avec des symptômes avancés. Essoufflement, toux persistante, fatigue inexpliquée… Des signes souvent négligés ou confondus avec d’autres affections. Résultat : les deux tiers des cas seraient aujourd’hui diagnostiqués à un stade déjà critique, selon une étude menée dans des hôpitaux du centre et du sud du pays.
Le Maroc ne dispose pas encore d’un programme national de dépistage spécifique pour le cancer du poumon. Or, dans plusieurs pays, des campagnes ciblées, notamment auprès des anciens fumeurs, ont permis de sauver des vies grâce à des diagnostics précoces.
Une journée pour faire le point
La Journée mondiale du cancer du poumon n’est pas qu’un rendez-vous symbolique. Elle doit servir à rappeler que ce cancer est, dans une large majorité des cas, évitable.
Cela suppose d’agir à plusieurs niveaux, notamment en renforçant la prévention dès le plus jeune âge, l’application des lois anti-tabac existantes, le lancement d’une vraie dynamique de sevrage, et surtout, la mise en place un dépistage précoce dans les structures de santé, en particulier pour les personnes à risque.

