Le ministère de la Santé et de la Protection Sociale (MSPS) s’apprête à franchir une étape décisive dans la digitalisation du système de soins. À compter de 2026, les patients marocains disposeront d’une carte de soins électronique, qui permettra de centraliser et de suivre leur dossier médical en ligne. L’objectif affiché est double : améliorer l’accès aux soins tout en assurant une plus grande équité entre les citoyens.
Cette dématérialisation, selon le ministre Amine Tehraoui, permettra aussi de rationaliser les coûts, avec une économie estimée à près de 100 millions de dirhams par an, jusque-là absorbés par la gestion papier.
Cette annonce a été faite, ce 7 octobre, devant les membres de la Commission de l’enseignement et des affaires sociales à la Chambre des conseillers, au cours d’une séance consacrée à l’état du secteur de la santé. Le ministre a précisé que le projet entrera en phase de déploiement dès le début de l’année prochaine, avant d’aboutir à un abandon progressif des supports physiques. L’un des bénéfices attendus concerne le traitement des dossiers par la CNSS, dont le fonctionnement devrait être fluidifié par l’automatisation des démarches.
Au-delà de la simplification administrative, cette réforme entend répondre à une attente forte des patients : celle de délais plus courts pour les remboursements. En l’état actuel, la constitution d’un dossier peut prendre plusieurs jours, ce qui ralentit l’ensemble du circuit de remboursement. Avec la carte de soins électronique, le patient pourra consulter son historique médical, soumettre ses pièces justificatives et suivre l’avancement de son dossier via une plateforme numérique sécurisée. Ce changement vise à recentrer le parcours de soins autour du patient, en rendant le système plus accessible et plus lisible.
Parallèlement à cette mesure, le MSPS prévoit d’élargir le recours à la télémédecine, notamment dans les zones rurales et mal desservies. Un dispositif technologique est en cours de mise en place pour faciliter les consultations à distance et garantir une prise en charge, même hors des structures physiques.
À moyen terme, cette transformation numérique sera accompagnée d’une refonte du système d’information sanitaire et de la mise en œuvre d’une carte sanitaire nationale, destinée à mieux planifier les ressources, prévenir les dysfonctionnements et renforcer la logistique médicale à l’échelle du territoire.

