Le Maroc a occupé le devant de la scène internationale ce 19 mai à Genève, lors de la 77e Assemblée mondiale de la santé. Amine Tehraoui, ministre de la Santé et de la Protection Sociale, a été chargé de prononcer, au nom des pays francophones, la déclaration conjointe portant sur les enjeux sanitaires partagés. Cette intervention s’est tenue dans le cadre de la 27e Réunion des ministres francophones de la santé, organisée en marge des travaux de l’Assemblée.
Cette prise de parole, hautement symbolique, traduit la reconnaissance grandissante du rôle du Royaume dans les instances sanitaires internationales. Elle met également en lumière l’importance stratégique accordée par le Maroc à la coopération Sud-Sud, en particulier dans l’espace francophone, où les défis de santé publique appellent des réponses concertées et adaptées aux réalités locales.
En représentant l’ensemble des États francophones, le ministre marocain a souligné l’urgence d’unir les efforts face aux menaces sanitaires transfrontalières, qu’il s’agisse de pandémies, de maladies chroniques, de crises climatiques ou encore de tensions géopolitiques affectant les systèmes de santé. La déclaration commune a insisté sur trois priorités : le renforcement des systèmes de santé, le développement des ressources humaines et la garantie d’un accès équitable aux soins pour tous.
Le ministre a notamment insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes de coordination régionale plus efficaces, capables de répondre rapidement aux urgences sanitaires tout en assurant la continuité des services essentiels. Cette approche, selon lui, nécessite un investissement accru dans la formation des professionnels de santé, la digitalisation des services et la construction de systèmes résilients.
Le modèle marocain en exemple
Durant son intervention, Amine Tehraoui a évoqué les efforts menés par le Maroc pour transformer en profondeur son système de santé. Il a mis en avant l’ambitieux chantier de la généralisation de la protection sociale, la refonte de la gouvernance sanitaire à travers les Groupements Sanitaires Territoriaux (GST), ainsi que l’investissement accru dans les infrastructures de santé et les ressources humaines. Autant de réformes qui visent à garantir l’équité d’accès aux soins, améliorer la qualité des prestations et assurer la durabilité financière du système.
Il a également rappelé que la stratégie nationale s’inscrit dans une vision globale de souveraineté sanitaire, en ligne avec les Hautes Orientations Royales. Cette souveraineté ne se limite pas à l’autosuffisance en médicaments ou en équipements médicaux, mais englobe aussi la capacité d’anticiper, de gérer et de surmonter les crises sanitaires grâce à une mobilisation efficace des acteurs nationaux et locaux.
Le Maroc, acteur engagé de la diplomatie sanitaire
Au-delà de son cas national, le Maroc, par la voix de son ministre, a plaidé pour une mutualisation des ressources et des expériences entre les pays francophones. L’idée étant de construire des plateformes de coopération Sud-Sud et triangulaire, notamment dans les domaines de la recherche médicale, de la veille épidémiologique, de la production pharmaceutique ou encore de la formation des personnels soignants.
Le ministre a insisté sur le rôle crucial de la langue française comme vecteur de transfert de savoirs et de renforcement des capacités. Il a appelé à renforcer les partenariats avec les agences multilatérales et les institutions de formation francophones, en misant sur une diplomatie sanitaire active et inclusive.
La participation active du Maroc à la 77e Assemblée mondiale de la santé ne se limite pas à cette intervention. Le Royaume a multiplié les rencontres bilatérales avec plusieurs pays africains et européens, renforçant sa position de hub régional dans le domaine de la santé. Cette visibilité s’inscrit dans une dynamique plus large de diplomatie sanitaire marocaine, portée par une vision d’influence constructive et de solidarité régionale.
L’intervention du ministre à Genève a été largement saluée par les délégations présentes, confirmant le crédit dont jouit le Maroc dans les cercles décisionnels de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et au sein de la communauté francophone.
En portant la voix des États francophones sur la scène mondiale, le Maroc confirme sa volonté d’assumer un rôle moteur dans la construction d’un avenir sanitaire plus juste, plus solidaire et mieux préparé aux défis à venir.

