La coopération entre le Maroc et le Mali connaît un nouveau développement stratégique dans le domaine de la santé militaire. En visite officielle à Bamako, le lieutenant-colonel Marouane Afani, représentant des Forces Armées Royales (FAR), a été reçu par le général Guidioma Dembélé, directeur central des services de santé des Forces Armées Maliennes (FAMa).
Cette rencontre, tenue le 2 septembre 2025, marque une nouvelle étape dans la consolidation des liens bilatéraux entre les deux pays, notamment dans le renforcement des capacités sanitaires au sein des forces militaires. À travers structurer un partenariat durable, centré sur l’échange d’expertise, le transfert de compétences et la mise à niveau des infrastructures médicales militaires. Une volonté partagée d’approfondir une coopération entamée de longue date, et qui s’inscrit désormais dans une vision plus intégrée, au service de la stabilité et du développement régional.
Le Maroc et le Mali entretiennent depuis des années des relations solides dans les domaines militaire, diplomatique et humanitaire. La santé militaire n’est pas en reste. Plusieurs cadres maliens ont déjà été formés dans des structures marocaines, et le Royaume a régulièrement apporté son soutien à travers des actions de terrain ou des opérations médicales d’envergure.
La visite du lieutenant-colonel Afani s’inscrit donc dans la continuité d’un engagement de fond. Elle a été l’occasion de renforcer les passerelles existantes, tout en explorant de nouveaux axes de travail, notamment dans les domaines de la formation, de la gestion hospitalière et de la coordination inter-armées en cas d’urgence sanitaire.
Échange d’expertise et renforcement des capacités
Au cœur des discussions, la mise en service prochaine de l’hôpital militaire de Bamako. Cette infrastructure, encore en phase finale de construction, suscite de grands espoirs du côté malien. Elle est appelée à devenir un pilier du dispositif sanitaire militaire du pays, avec une capacité d’accueil et une offre de soins destinées à moderniser la prise en charge des soldats maliens et de leurs familles.
Le représentant des FAR a visité les chantiers de cet établissement, saluant les efforts déployés pour le doter d’équipements de dernière génération. Il a également été reçu dans d’autres structures clés, comme la clinique pluridisciplinaire de Kati et le centre médico-chirurgical des FAMa, qui illustrent la volonté des autorités maliennes d’élever leurs standards en matière de soins militaires.
Les deux parties ont insisté sur la nécessité de renforcer les programmes de formation. Le Maroc, fort de son expérience dans la gestion intégrée des services de santé militaires, a réaffirmé sa disponibilité à accueillir de nouveaux cadres maliens dans ses établissements de formation, civils et militaires.
L’idée est aussi de favoriser des échanges réciproques : délégations techniques, ateliers conjoints, formations sur site, et éventuellement déploiement de missions d’appui. Ce type de coopération permettrait aux FAMa de bénéficier d’un accompagnement sur mesure dans des domaines aussi variés que la médecine d’urgence, la gestion de crises sanitaires, ou encore l’organisation logistique des soins en zones de conflit.
Une vision stratégique sud-sud
Au-delà de l’aspect technique, cette coopération incarne une vision politique plus large : celle d’un partenariat sud-sud fondé sur le partage de savoir-faire et la solidarité interafricaine. Dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires, humanitaires et sanitaires majeurs, le renforcement des capacités médico-militaires devient un levier central pour la résilience des États.
Le Maroc, à travers cette approche pragmatique, affirme son rôle d’acteur régional de référence. Le Mali, pour sa part, y voit une opportunité précieuse de moderniser ses structures, tout en bénéficiant d’un accompagnement respectueux de sa souveraineté et de ses priorités nationales.
La santé militaire n’est qu’un volet parmi d’autres d’un partenariat plus global. En février dernier, une commission militaire mixte Maroc–Mali a été installée, avec pour objectif de coordonner les actions communes dans les domaines de l’équipement, de la formation, de la logistique et du soutien opérationnel.
Des exercices conjoints sont également envisagés, tout comme le développement d’unités médicales mobiles, susceptibles d’intervenir dans les zones reculées ou à fort risque sanitaire. À terme, ces initiatives devraient contribuer à bâtir un modèle de coopération intégré, capable de répondre aux urgences tout en jetant les bases d’un système de santé militaire pérenne.

