Depuis 2022, un dispositif pilote soutenu par la Banque mondiale est en cours dans plusieurs provinces marocaines pour améliorer la santé des femmes enceintes et des jeunes enfants.
Le projet est expérimenté dans 14 provinces des régions de Béni Mellal-Khénifra, Drâa-Tafilalet et Marrakech-Safi, avec pour objectif de réduire les disparités entre zones urbaines et rurales.
Le modèle repose sur l’action combinée des centres de santé ruraux, des maisons communautaires appelées Dar Al Oumouma, et d’un réseau de relais locaux, formés pour accompagner les femmes dans leur parcours de soins.
À Oulad Ougad, près de Marrakech, Najate Nadifi, présidente de l’association Riaaya pour la santé de la femme et de l’enfant, dirige l’une de ces structures. Elle insiste sur le rôle essentiel des Dar Al Oumouma, qui permettent aux femmes de rester à proximité d’un centre de santé dans les jours précédant l’accouchement, sécurisant ainsi le moment de la naissance.
Chaque femme bénéficie d’un suivi prénatal structuré, avec au moins quatre consultations, organisées en lien avec des relais communautaires qui assurent la coordination avec les infirmières référentes. Ce maillage entre acteurs locaux permet une meilleure détection des risques, un accompagnement de proximité et une prise en charge plus réactive.
Depuis le lancement du programme, près de 1.000 relais ont été formés, et environ 285.000 femmes et enfants ont été orientés vers les structures de soins. Selon Nadifi, les résultats sont déjà visibles : baisse des complications, recul de la mortalité infantile et renforcement de la confiance des femmes envers les services de santé.
Les promoteurs du projet espèrent désormais élargir ce modèle à d’autres localités, convaincus que l’approche communautaire peut contribuer à combler les écarts d’accès aux soins dans les régions les plus isolées.

