Santé, culture et longévité : l’expertise marocaine à l’honneur au Sénat français

Le 30 janvier 2026, le Sénat français accueillera à Paris un colloque international consacré au bien vieillir. Intitulée « Santé, culture & longévité : l’alliance du bien vieillir », cette rencontre réunira des médecins, chercheurs et décideurs venus de plusieurs pays. Le Maroc y occupera une place centrale, avec une délégation de haut niveau.

Le Royaume entend désormais peser dans les débats internationaux sur la longévité, la prévention et l’innovation en santé. Cette présence marque un tournant. Elle traduit une expertise en pleine structuration.

En tête de cette délégation figure le Pr Anass Doukkali. Ancien ministre de la Santé, professeur universitaire et président du Centre d’Innovation en e-santé (CIeS), il défend depuis plusieurs années une transformation profonde du système de soins. Numérisation, intelligence artificielle et organisation des parcours figurent au cœur de sa vision.

À ses côtés, la Pr Fatima-Zahra Alaoui, doyenne de la Faculté de médecine et de pharmacie de Laâyoune (FMPL), incarne un autre chantier stratégique. Celui de la formation, de la régionalisation et de l’équité territoriale. Son action vise à rapprocher l’enseignement médical des réalités locales.

Le Pr Ahmed Bennana, directeur général du site Rabat de la Fondation Mohammed VI des sciences et de la santé (FM6SS), porte une approche intégrée. Il travaille à relier recherche, pratique clinique et gouvernance hospitalière. Une combinaison devenue indispensable dans un contexte de vieillissement rapide.

Dans la même dynamique, le Pr Saber Boutayeb, directeur général du Centre Mohammed VI de Recherche et d’Innovation (CM6RI), mise sur la recherche appliquée. Son objectif : transformer les découvertes scientifiques en solutions concrètes.

Le Pr Youness Ahallal, chirurgien robotique et onco-urologue, représente la médecine de haute technologie. Il symbolise l’entrée du Maroc dans l’ère de la chirurgie mini-invasive et personnalisée.

Le Pr Redouane Samlali, cofondateur du Groupe Oncorad et président de l’Association des cliniques privées du Maroc, apporte un regard structurel. Il s’intéresse au rôle du secteur privé dans l’accès aux soins, la qualité et la régulation.

Un écosystème en pleine mutation

Autour de ces figures majeures, plusieurs experts marocains viendront enrichir les débats. Le Pr Hafiani Yassine, secrétaire général de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM), évoquera les enjeux des protocoles thérapeutiques et de la standardisation des pratiques.

La Pr Nada Damghi, urgentologue à l’Hôpital international Mohammed VI de Rabat, abordera les défis des services d’urgence face au vieillissement. Elle défendra une adaptation des structures aux nouvelles réalités démographiques.

La Dr Babou Balkis, cardiologue, rappellera l’impact des maladies cardiovasculaires sur l’espérance de vie. Ces pathologies restent la première cause de mortalité dans le monde.

La Dr Soumia Kabbaj, présidente de l’Association marocaine de médecine de famille, plaidera pour un renforcement des soins primaires. La prévention passe d’abord par la proximité.

Le Dr Moulay Saïd Afif, président de la Société marocaine des sciences médicales (SMSM), soulignera l’importance de produire une recherche locale, ancrée dans les réalités nationales.

La Pr Najia Hajjaj Hassouni, académicienne du Royaume et doyenne à l’Université Internationale de Rabat, rappellera que la longévité pose aussi des questions éthiques, sociales et culturelles.

Vieillir mieux, pas seulement plus longtemps

L’originalité de ce colloque tient à son approche transversale. Ici, la longévité ne se limite pas à une donnée biologique. Elle se pense comme un projet de société.

Qualité de vie, autonomie, santé mentale, lien social, prévention et innovation technologique s’entremêlent. Les débats porteront autant sur la télémédecine que sur la robotique, autant sur l’accompagnement que sur la médecine prédictive.

L’intervention du Dr Oubeid Allah Hlal, cardiologue et humoriste, illustre cette vision élargie. À travers son approche, il défend le rire comme outil de prévention. Une manière de rappeler que le bien-être émotionnel influence directement la santé.

Une diplomatie sanitaire en construction

Cette présence marocaine au Sénat français dépasse le cadre académique. Elle s’inscrit dans une logique de diplomatie sanitaire. Aujourd’hui, les systèmes de santé sont devenus des instruments de rayonnement.

Le Maroc ne veut plus seulement importer des modèles. Il souhaite désormais en proposer. Cette stratégie repose sur ses compétences, ses institutions et ses talents.

Ce colloque agit comme une vitrine. Il montre un pays capable de produire des idées, des méthodes et des solutions adaptées aux enjeux contemporains.

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