Interopérabilité en santé : avec MOHIM, le Maroc structure sa révolution numérique

L’interopérabilité n’est plus un concept réservé aux experts. Elle est devenue une condition essentielle à la modernisation des systèmes de santé. Sans elle, les données restent fragmentées, les parcours se compliquent et les coûts augmentent.

Au Maroc, cette transition prend une nouvelle dimension avec Morocco Health Interoperability & Maturity Lab (MOHIM), un projet porté par le Centre d’Innovation en Santé (CIeS) de l’Université Mohammed VI des Sciences et de la Santé.

Présentée publiquement fin 2025, notamment lors de l’International e-Health Forum de Casablanca, cette initiative vise à connecter les différents systèmes de santé du pays.

Mieux soigner grâce à de meilleures données

Un même patient consulte souvent plusieurs structures. Hôpital, clinique, laboratoire, cabinet spécialisé. Chaque passage génère des données. Sans coordination, ces informations se répètent, se perdent ou créent des erreurs. Des systèmes capables de dialoguer permettent aux professionnels d’accéder aux bons éléments, au bon moment. Les décisions gagnent en précision. Les parcours deviennent plus cohérents.

L’interopérabilité ne concerne pas seulement la qualité des soins. Elle a aussi un impact économique. Une meilleure circulation de l’information réduit les erreurs de facturation, limite les examens redondants et accélère les remboursements. Les coûts administratifs baissent. Les établissements gagnent en traçabilité. Pour les patients, la transparence augmente. La confiance aussi. MOHIM s’inscrit dans cette logique, avec une approche concrète, fondée sur des tests en environnement sécurisé et l’adoption de standards internationaux comme FHIR et IPS.

Une souveraineté numérique en construction

Derrière cette initiative, on retrouve le CIeS, présidé par le Pr Anass Doukkali, ancien ministre de la Santé et professeur universitaire. Depuis plusieurs années, il défend une transformation structurelle des systèmes de soins, fondée sur le numérique, la gouvernance des données et l’innovation organisationnelle. Pour lui, l’interopérabilité n’est pas un choix technique. C’est un socle.

Le Pr Doukkali défend une approche dans laquelle l’interopérabilité devient un prérequis à la continuité des soins, à la modernisation des pratiques et à l’efficience des systèmes. MOHIM vise ainsi à dépasser les silos et à bâtir une infrastructure nationale de confiance.

Au-delà de la technologie, MOHIM porte une vision. Celle d’une santé connectée, mais humaine. D’une donnée utile, mais protégée. Dans un monde où l’information médicale devient un actif stratégique, le Maroc fait un choix clair. Il structure ses flux, renforce sa souveraineté numérique et prépare l’avenir. MOHIM ne se limite pas à une plateforme. Il propose une méthode. Tester, normaliser, puis déployer.

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