Recherche médicale : le CESE appelle à une révision urgente

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dresse un constat sans détour : la recherche scientifique au Maroc progresse, mais peine à produire un impact concret, notamment dans le domaine de la santé.

Dans son rapport consacré à la contribution de la recherche à l’innovation et à la compétitivité nationale, l’institution souligne la nécessité d’une stratégie globale capable de fédérer les efforts publics et privés autour d’objectifs communs.

Le CESE relève que la recherche médicale et pharmaceutique demeure fragmentée, malgré un potentiel humain important. Les universités, hôpitaux et centres spécialisés mènent des travaux de qualité, mais sans réelle coordination.

Cette absence de synergie limite la transformation des découvertes scientifiques en innovations thérapeutiques. Le Conseil recommande de rapprocher la recherche fondamentale du secteur productif, afin de développer une véritable filière d’innovation biomédicale, capable d’accompagner les priorités sanitaires du pays.

Des priorités urgentes

Selon le rapport, la santé figure parmi les secteurs stratégiques à renforcer en priorité, aux côtés de l’eau, de l’énergie et du numérique. Le Maroc doit investir davantage dans la recherche appliquée pour consolider sa souveraineté pharmaceutique et sanitaire. Cela suppose de soutenir la production locale de médicaments, d’encourager la recherche clinique et d’intégrer les biotechnologies, la santé numérique et l’intelligence artificielle médicale dans les programmes nationaux de développement scientifique.

Sur le plan financier, l’effort reste limité. La dépense nationale en recherche et développement représente à peine 0,75 % du PIB, contre une moyenne mondiale de 2 %. Le CESE préconise d’atteindre 3 % d’ici 2030, grâce à un fonds national de cofinancement public-privé et à des incitations fiscales pour les entreprises innovantes. Il plaide aussi pour une meilleure implication des régions, afin d’encourager la recherche de proximité et les projets à impact territorial.

Le Conseil insiste sur le rôle du capital humain comme moteur de la réforme. Il appelle à revaloriser la carrière de chercheur, à renforcer les formations doctorales et à mobiliser la diaspora scientifique marocaine. Pour le CESE, l’innovation en santé doit devenir un pilier central du Nouveau modèle de développement, capable de transformer la recherche en outil de souveraineté, de sécurité sanitaire et de progrès social.

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