Ramadan & santé mentale : préserver sérénité et équilibre pendant le jeûne

Le mois de Ramadan est pour beaucoup un temps de recueillement et de spiritualité, mais il peut aussi entraîner des déséquilibres sur le plan mental. Entre les changements d’habitudes alimentaires, le manque de sommeil et les obligations qui s’accumulent, stress et anxiété s’invitent facilement dans le quotidien.

Pendant les premiers jours du jeûne, il n’est pas rare de ressentir une irritabilité ou une baisse de concentration, le manque de sucre, l’absence de caféine et les nuits écourtées y sont souvent pour quelque chose. Mais au fil des jours, le corps s’adapte : il produit davantage de sérotonine et de dopamine, deux hormones favorisant le bien-être.

Cela dit, ces effets bénéfiques peuvent être rapidement contrebalancés si l’on néglige son hygiène de vie, un sommeil perturbé, des repas déséquilibrés ou un emploi du temps surchargé risquent de générer un stress persistant, voire une fatigue durable. C’est pourquoi il est essentiel d’adopter un rythme adapté pour traverser ce mois dans les meilleures conditions, tant physiques que mentales.

Adopter quelques habitudes simples peut réellement alléger la pression. Une alimentation équilibrée, riche en sucres lents, oméga‑3 et bons lipides, contribue à stabiliser l’énergie et à éviter les coups de fatigue, tandis qu’une consommation excessive de café ou de thé peut renforcer la nervosité et déshydrater.

Le sommeil, bien que forcément plus court, doit rester récupérateur : une sieste de 20 à 30 minutes pendant la journée peut faire la différence, et réduire les écrans le soir aide à s’endormir plus facilement.

S’octroyer un moment de calme, en dehors des temps de prière, peut aussi favoriser un état d’esprit apaisé : une courte séance de respiration ou une petite marche après le ftour suffisent parfois à relâcher la tension accumulée.

Côté organisation, mieux répartir les responsabilités au sein du foyer, notamment pour les tâches quotidiennes, permet d’alléger la charge mentale, en particulier pour les femmes très sollicitées durant ce mois sacré.

Et si malgré tous ces efforts, le stress devient trop envahissant, qu’il perturbe le sommeil ou les journées, il ne faut pas hésiter à consulter. Une enquête menée en 2024 révèle que plus d’un tiers des Marocains éprouvent une forte pression psychologique pendant le Ramadan, mais peu osent consulter.

Pourtant, un simple dialogue avec un médecin ou un psychologue peut aider à identifier les sources du mal-être et à adopter des solutions personnalisées. N’oublions pas que prendre soin de sa santé mentale, c’est aussi honorer pleinement l’esprit du jeûne.

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