En pleine vague de chaleur, la question de la sécurité des produits laitiers revient avec force. Dans plusieurs villes du Royaume, on observe une consommation croissante de lait et de dérivés vendus hors circuits contrôlés.
Ce phénomène n’est pas nouveau, mais il prend aujourd’hui une nouvelle ampleur, alimenté par des influenceurs qui, sous couvert de « retour au naturel », encouragent leurs abonnés à se détourner des produits pasteurisés disponibles en épicerie ou en grande surface.
Le discours est simple, séduisant même : « le vrai lait, c’est celui vendu dans la rue », « celui qui vient directement de la ferme », « pas transformé, pas altéré ». Mais derrière cette image idéalisée se cache une réalité sanitaire bien plus préoccupante, surtout en été, lorsque les conditions de conservation se fragilisent.
Le ministère rassure
Le ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural, des Eaux et Forêts (MAPMDREF) a récemment indiqué que le lait commercialisé par des unités agréées ne présente aucun danger pour la santé, à condition que les règles de conservation soient respectées.
Aujourd’hui, le Maroc compte 211 unités de traitement du lait et 527 centres de collecte, tous soumis à des contrôles réguliers et à des analyses en laboratoire. Le ministère précise que tout manquement à ces normes entraîne la suspension ou le retrait de l’agrément.
Le ministère de tutelle insiste également sur un risque bien connu mais souvent ignoré : la tuberculose bovine. Présente au Maroc depuis des décennies, cette maladie infectieuse peut se transmettre à l’homme par la consommation de lait cru contaminé. Le cadre réglementaire en place permet la détection précoce des cas et l’abattage des bovins infectés, à condition que le lait provienne de structures formelles.
Dans ce contexte, l’appel du MAPMDREF est clair : les citoyens doivent consommer uniquement du lait et des produits laitiers issus d’unités autorisées, où la chaîne du froid est respectée et le numéro d’agrément sanitaire affiché. À défaut, ils s’exposent à des risques évitables, parfois graves.
Quand ce qui est « naturel » peut nuire à la santé
L’histoire du youtubeur Samir Vlogs, hospitalisé après avoir consommé du lait contaminé, est encore dans les mémoires. Une illustration concrète des dangers liés à la banalisation de certaines pratiques, souvent relayées sur les réseaux sociaux par des profils qui n’ont ni expertise, ni responsabilité, mais qui cherchent à faire le buzz.
Dans un pays où la sécurité sanitaire des aliments reste un enjeu majeur, l’information doit primer sur les tendances. Ce n’est pas parce qu’un produit est « brut » qu’il est sûr. Et ce n’est pas parce qu’un contenu est populaire qu’il est fiable. En matière de santé, la prudence n’est pas une opinion : c’est une nécessité.

