Le Maroc prépare un rééquilibrage budgétaire majeur pour 2026. Les priorités du gouvernement se tourneront résolument vers la santé et l’éducation, deux secteurs jugés essentiels pour renforcer la cohésion sociale et réduire les inégalités régionales.
Selon la ministre des Finances, Nadia Fettah Alaoui, cette réorientation vise à mieux répondre aux attentes exprimées par les citoyens, notamment les jeunes, dont les récentes mobilisations ont mis en lumière la nécessité d’une amélioration des services publics.
Depuis plusieurs semaines, des manifestations se sont multipliées dans plusieurs villes du Royaume, traduisant un ras-le-bol face à la pauvreté persistante et aux difficultés d’accès aux soins ou à l’éducation. Ce climat social a rappelé l’urgence d’agir sur le quotidien des Marocains, en parallèle des grands projets d’infrastructures et des investissements liés à la Coupe du monde 2030. Pour le gouvernement, la priorité est désormais de replacer la politique sociale au cœur du développement national.
Aujourd’hui, la santé et l’éducation représentent moins de 9 % du PIB. L’objectif est d’augmenter progressivement cette part, tout en améliorant l’efficacité de la dépense publique. Le futur budget devrait notamment inclure des investissements destinés à la construction et à la modernisation d’hôpitaux de proximité, afin d’éviter aux citoyens de parcourir de longues distances pour se soigner. Le gouvernement souhaite également renforcer le maillage scolaire et encourager la formation continue des enseignants.
Le projet s’inscrit dans le cadre plus large de la stratégie royale visant à réduire les inégalités régionales. Les zones montagneuses et les oasis bénéficieront d’une attention particulière, à travers une meilleure coordination entre les différents programmes publics. L’idée est d’obtenir des résultats concrets à court terme, sans compromettre les équilibres macroéconomiques du pays.
Sur le plan économique, cette politique sociale s’accompagnera d’une évolution du cadre monétaire. Le ministère des Finances prévoit de mettre en place un ciblage de l’inflation d’ici 2026 ou 2027, avant d’entamer une libéralisation progressive du dirham. Ce changement nécessitera une préparation accrue des petites et moyennes entreprises, afin de les rendre plus résilientes dans un contexte financier en mutation.

