La Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc (CSPM) tire la sonnette d’alarme : la digitalisation du parcours de soins ne pourra réussir sans une véritable implication des pharmaciens.
Réunis récemment à Rabat pour une session du Conseil national, les représentants de la profession ont insisté sur la nécessité d’un cadre concerté autour de la Feuille de Soins Électronique (FSE) et du Dossier Patient Partagé (DPP). Ces outils, au cœur de la réforme numérique du système de santé, ne peuvent fonctionner sans l’intégration du pharmacien, maillon central de la chaîne thérapeutique.
Selon la CSPM, cette transition numérique exige un dialogue franc entre les acteurs du secteur. La Confédération rappelle que « la Feuille de Soins Électronique n’a de sens que si le médicament y est intégré ». Dans cette logique, elle réclame l’inclusion du Dossier Pharmaceutique (DP) au sein du Dossier Patient Partagé, une mesure jugée indispensable pour garantir le suivi thérapeutique, la prévention et la traçabilité des traitements. L’objectif est clair : faire du pharmacien un acteur pleinement reconnu de la santé connectée, et non un simple exécutant du système.
Les discussions entre la CSPM et la CNSS ont aussi porté sur les conditions de mise en œuvre. La Confédération plaide pour une rémunération équitable des actes numériques réalisés par les officines et pour un accompagnement matériel concret — notamment la fourniture de lecteurs, de logiciels sécurisés et d’équipements adaptés. Elle appelle également à une révision du cadre juridique, notamment de la loi 19-22, qu’elle estime obsolète face aux mutations du secteur.
Au-delà de ces revendications techniques, la CSPM défend une vision globale de la réforme : digitaliser la santé, oui, mais dans un esprit de justice et de partenariat. Pour la Confédération, il ne saurait y avoir de transition numérique réussie sans revalorisation du rôle scientifique du pharmacien, sans cadre conventionnel clair, et sans concertation réelle avec les institutions.

