Le débat sur l’ouverture du capital des pharmacies à des investisseurs non pharmaciens continue d’agiter le secteur pharmaceutique marocain. Plusieurs organisations professionnelles et syndicales dénoncent une orientation qui, selon elles, pourrait fragiliser l’indépendance de l’officine et l’équilibre du système pharmaceutique.
Dans un communiqué publié le 10 mars, la section santé de l’Organisation Démocratique du Travail (ODT) a exprimé son inquiétude face à cette perspective. Le syndicat met en garde contre les conséquences d’une réforme qui introduirait des logiques financières au cœur de l’activité officinale.
Selon l’organisation, la pharmacie ne peut être considérée comme un simple commerce. L’officine constitue un maillon essentiel de la sécurité médicamenteuse. Le pharmacien assure un rôle de conseil, de prévention et de vigilance face aux risques liés aux médicaments.
Le communiqué évoque notamment la crainte de voir apparaître des chaînes de pharmacies dominées par des investisseurs. Une telle évolution pourrait transformer l’officine en structure commerciale centrée sur le volume des ventes, au détriment du suivi pharmaceutique et de la qualité du conseil.
La profession affiche également une position ferme. Le Dr Mohamed Lahbabi, président de la Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc (CSPM), estime que cette question constitue une limite que les pharmaciens refusent de franchir.
« Malgré la décision de certaines centrales syndicales de se ranger du côté du ministère de la Santé pour calmer la colère des pharmaciens en appelant à l’annulation de la grève, la Confédération des Syndicats des Pharmaciens du Maroc tient à rappeler que l’ouverture du capital des pharmacies constitue une ligne rouge », affirme-t-il.
Le Dr Lahbabi met en avant les enjeux liés à l’indépendance professionnelle. « Nous ne laisserons pas passer une telle mesure qui menace l’indépendance du pharmacien et l’équilibre de l’officine. La Confédération utilisera tous les moyens légitimes pour défendre les intérêts des pharmaciens et préserver l’indépendance de notre profession. La mobilisation reste plus que jamais nécessaire », poursuit-il.

