Oncoménopause : plus d’un médecin sur deux n’a jamais été formé à la prise en charge des patientes

La prise en charge de la ménopause chez les survivantes d’un cancer du sein reste encore peu enseignée dans la formation médicale. C’est ce que révèle une enquête exploratoire présentée par le Dr Fatma Ben Abid, oncologue à la Clinique d’Oncologie 16 Novembre de Rabat.

Réalisé auprès de 32 médecins, ce sondage met en lumière un déficit de formation sur un enjeu pourtant fréquent en oncologie. Selon les résultats, 53 % des praticiens interrogés déclarent n’avoir jamais suivi de formation spécifique sur la gestion de la ménopause chez les patientes atteintes d’un cancer du sein.

Par ailleurs, près de 19 % indiquent n’avoir bénéficié que d’une seule session de formation sur ce sujet. Seule une minorité rapporte avoir suivi plusieurs modules d’enseignement dédiés à cette problématique.

Ces résultats soulignent un manque de préparation des professionnels face à une réalité clinique fréquente dans le suivi des patientes après cancer.

Des symptômes qui dépassent les bouffées de chaleur

La ménopause liée aux traitements anticancéreux ne se limite pas aux symptômes vasomoteurs. Les patientes rapportent également de nombreux troubles génito-urinaires.

Sécheresse vaginale, douleurs lors des rapports, urgences urinaires ou infections récidivantes apparaissent fréquemment. Pourtant, ces symptômes restent souvent sous-diagnostiqués ou insuffisamment pris en charge.

Chez les survivantes d’un cancer du sein, les manifestations vasomotrices peuvent être plus intenses et plus durables que lors d’une ménopause naturelle. Elles perturbent souvent le sommeil, l’humeur et les capacités de concentration.

Ces effets impactent directement la qualité de vie. Ils influencent aussi l’adhésion aux traitements hormonaux prescrits après le cancer du sein. Dans certains cas, les symptômes conduisent à l’arrêt prématuré de la thérapie endocrinienne.

Pour les spécialistes, le suivi des survivantes ne doit pas se limiter au dépistage d’une éventuelle récidive. La prise en charge doit aussi intégrer les symptômes qui affectent la vie quotidienne des patientes.

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