La Coordination Syndicale des Médecins généralistes du Secteur Privé a exprimé ses inquiétudes face à l’évolution du dossier de la formation médicale au Maroc. Dans un communiqué, l’organisation met en garde contre la poursuite de l’ouverture de nouvelles facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire sans que l’ensemble des conditions académiques, pédagogiques et hospitalières ne soient réunies.
Pour la coordination, la réforme du système de santé ne peut se limiter à une augmentation du nombre d’étudiants ou d’établissements de formation. Elle estime que la qualité de l’enseignement médical doit rester au cœur des priorités, à travers le renforcement des infrastructures universitaires, le développement des capacités hospitalières et la mobilisation des ressources humaines nécessaires à l’encadrement des futurs professionnels de santé.
Les médecins généralistes du secteur privé affirment que certaines structures de formation continuent de fonctionner dans des conditions transitoires qui ne répondent pas pleinement aux exigences de l’enseignement médical moderne. Ils évoquent notamment les retards enregistrés dans la réalisation de certains projets hospitalo-universitaires ainsi que dans le déploiement de plusieurs infrastructures pédagogiques.
Selon eux, cette situation soulève des questions quant à la capacité de certains établissements à garantir un parcours de formation complet, associant enseignement théorique, apprentissage pratique et immersion clinique au sein de structures hospitalières adaptées.
L’encadrement au cœur des préoccupations
La coordination s’interroge également sur l’accélération du processus d’ouverture de nouvelles facultés avant la finalisation de plusieurs prérequis institutionnels. Elle cite notamment la nécessité de renforcer les effectifs d’enseignants-chercheurs, de recruter les cadres administratifs et techniques indispensables au fonctionnement de ces établissements et d’assurer la disponibilité des équipements pédagogiques et hospitaliers nécessaires.
Pour les signataires du communiqué, la qualité de la formation médicale dépend directement de la capacité des facultés et des centres hospitaliers universitaires à offrir un encadrement scientifique et clinique répondant aux standards académiques en vigueur.
La Coordination syndicale des médecins généralistes du secteur privé appelle les ministères de l’Enseignement supérieur et de la Santé à adopter une démarche concertée dans la conduite des réformes liées à la formation médicale. Elle plaide notamment pour l’accélération des projets de CHU et des infrastructures associées avant toute nouvelle extension du réseau des établissements de formation.
L’organisation demande également la réalisation d’évaluations indépendantes et régulières des facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire afin de vérifier leur conformité aux exigences de qualité et d’accréditation. Elle recommande enfin une implication plus importante des enseignants, des étudiants et des représentants des professions de santé dans les réflexions portant sur l’avenir de la formation médicale au Maroc.
Ces prises de position interviennent alors que le Maroc poursuit ses efforts pour renforcer ses effectifs médicaux et accompagner les réformes engagées dans le cadre de la généralisation de la protection sociale. Si l’augmentation des capacités de formation apparaît comme une nécessité largement reconnue, plusieurs acteurs du secteur soulignent que cet objectif doit s’accompagner de garanties suffisantes en matière d’encadrement, de stages hospitaliers et de qualité pédagogique afin de préserver le niveau de formation des futurs médecins.

