Le Conseil régional des pharmaciens du Sud (CRPOS) a diffusé, le 28 avril, une circulaire interne. L’instance évoque une exploitation présumée de données issues des officines et appelle à la vigilance.
La numérisation du secteur pharmaceutique accélère les échanges de données. Elle expose aussi de nouvelles fragilités. Dans sa circulaire, le Conseil régional des pharmaciens du Sud (CRPOS) évoque des pratiques susceptibles de concerner près de 5.000 professionnels au Maroc.
Selon les éléments avancés, certaines plateformes collecteraient et traiteraient des données issues des officines. Ces informations iraient au-delà des aspects commerciaux. Elles incluraient les ventes, les médicaments délivrés, les volumes écoulés et des données liées aux pharmacies.
Ces données seraient ensuite agrégées et analysées. Elles pourraient servir à produire des rapports ou à orienter des décisions commerciales. Certains usages évoqués concernent l’évaluation de performances ou la mise en place d’incitations auprès d’officines.
La rapidité de traitement et le niveau de détail interrogent. Le Conseil évoque l’hypothèse d’une organisation externe structurée. Cette lecture soulève des questions sur les circuits de circulation des données et sur les acteurs impliqués.
La question prend une dimension particulière avec le déploiement d’outils numériques. L’ordonnance électronique fait l’objet d’une expérimentation à Kénitra sous l’égide de la Caisse nationale de sécurité sociale. La protection des données devient centrale dans cette phase.
Un cadre légal sous pression
Le droit marocain encadre le traitement des données personnelles. La loi 09-08 impose le consentement, la finalité précise et la confidentialité des informations. Toute utilisation en dehors de ces règles peut exposer à des sanctions.
La loi 53-05 encadre les échanges électroniques. Elle fixe des obligations en matière de sécurité et de transparence contractuelle entre les parties.
Selon la circulaire, certaines pratiques reposeraient sur des logiciels de gestion installés dans les officines. Dans certains cas, les données seraient hébergées hors du Maroc. La rupture des contrats pourrait limiter l’accès des pharmaciens à leurs propres données.
Face à ces éléments, le Conseil régional des pharmaciens du Sud (CRPOS) appelle ses membres à la prudence. Il recommande de conserver les contrats, d’exiger des clarifications écrites et d’identifier les destinataires des données.
L’instance n’exclut pas des actions juridiques. Elle entend défendre la confidentialité des données de santé et les intérêts de la profession. À ce stade, aucune réaction officielle des autorités concernées n’a été rendue publique.

