L’AMMPS engage un dialogue structuré avec les pharmaciens industriels

L’Agence Marocaine du Médicament et des Produits de Santé (AMMPS) a tenu, en coordination avec le Conseil de l’Ordre des Pharmaciens Fabricants et Répartiteurs (COPFR), une réunion d’échange avec les pharmaciens exerçant au sein des établissements pharmaceutiques industriels et des structures de répartition.

Cette rencontre, organisée dans un esprit de concertation, vise à poser les bases d’un dialogue institutionnalisé entre l’autorité de régulation et les professionnels du secteur, dans le sillage de la réforme du système de santé.

Créée récemment pour répondre aux impératifs de gouvernance, de transparence et d’efficacité, l’AMMPS a pour mission de garantir la qualité, la sécurité et l’accessibilité des produits de santé mis à la disposition des citoyens. Elle hérite ainsi d’une responsabilité stratégique, dans un contexte où le médicament est devenu un levier central de la souveraineté sanitaire.

Au cœur de cette réunion, plusieurs thématiques clés ont été abordées : les procédures d’enregistrement des médicaments, les conditions de fabrication, les exigences en matière de pharmacovigilance, ainsi que les règles régissant les circuits de distribution. L’AMMPS a détaillé ses axes prioritaires d’action, insistant sur la nécessité de renforcer la rigueur des contrôles tout en veillant à la fluidité des procédures administratives.

Les pharmaciens industriels ont, de leur côté, mis en avant les défis concrets auxquels ils sont confrontés au quotidien. Ils ont notamment évoqué la complexité de certaines démarches réglementaires, le besoin de délais raisonnables pour le traitement des dossiers, les contraintes liées à l’importation de matières premières ou encore les problématiques de traçabilité. La question de l’anticipation des pénuries de médicaments a également été soulevée, dans un contexte mondial tendu pour les chaînes d’approvisionnement.

En réponse, l’AMMPS a réaffirmé sa volonté d’instaurer une régulation plus lisible, fondée sur des normes harmonisées, conformes aux standards internationaux, mais tenant compte des réalités économiques et industrielles du Maroc. Elle a également rappelé son engagement à moderniser les outils de gestion, à travers notamment la digitalisation des procédures, le renforcement des capacités internes et l’amélioration des délais de réponse.

Cette réunion, la première d’une série de rencontres annoncées, marque une étape importante dans la construction d’un partenariat durable entre les instances publiques et les opérateurs privés. Il s’agit, selon les deux parties, de dépasser la logique de contrôle descendant pour instaurer une culture de collaboration, où la régulation est perçue comme un levier de développement plutôt qu’un frein.

La volonté exprimée de part et d’autre de pérenniser ces échanges ouvre la voie à l’élaboration de feuilles de route communes sur des sujets prioritaires, comme la production locale de médicaments, la gestion des médicaments essentiels, le soutien à l’innovation ou encore la veille scientifique et technologique.

Dans un contexte de refonte globale du système national de santé, cette démarche participative vise à aligner les efforts de l’ensemble des parties prenantes. Elle répond également aux attentes croissantes des citoyens en matière de qualité de soins, d’accessibilité aux traitements et de transparence sur les produits de santé commercialisés dans le Royaume.

Cette initiative reflète une évolution significative du rôle des agences de régulation, appelées à être non seulement des garantes de la conformité, mais aussi des actrices de terrain, capables d’accompagner l’écosystème pharmaceutique et de contribuer à structurer une filière stratégique pour la santé publique et l’économie nationale.

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