Le Maroc a marqué, le 1ᵉʳ décembre à Rabat, la Journée mondiale et nationale de lutte contre le sida. La cérémonie, présidée par Amine Tehraoui, ministre de la Santé et de la Protection Sociale, a placé la réduction des risques au centre des échanges.
Le thème retenu cette année « Réduction des risques, méthadone et appui psychosocial : une combinaison gagnante » illustre la priorité donnée aux usagers de drogues injectables et aux dispositifs d’accompagnement.
Cette commémoration s’inscrit dans la stratégie du Royaume pour atteindre les objectifs « 95-95-95 » fixés par l’OMS. Elle s’aligne aussi sur la Stratégie nationale des droits humains relative au VIH, à la tuberculose et à l’hépatite virale 2024-2030, élaborée avec le Conseil national des droits de l’Homme, ainsi que sur le Plan national de lutte contre les addictions 2024-2030.
Dans son intervention, Amine Tehraoui a rappelé que le 1ᵉʳ décembre représente chaque année un moment clé pour maintenir la mobilisation autour de la lutte contre le sida. Selon lui, cet engagement concerne autant la santé publique que la promotion des droits humains. Il a souligné la nécessité d’améliorer la coordination entre institutions, de renforcer l’information et de soutenir les acteurs qui œuvrent sur le terrain.
Une mobilisation élargie des institutions et de la société civile
La rencontre a réuni plusieurs institutions impliquées dans la réponse nationale : Ministère de l’Intérieur, Ministère de la Justice, Présidence du Ministère public, Conseil national des droits de l’Homme, DGSN, représentants du Parlement et organisations de la société civile. Les échanges ont porté sur les avancées réalisées et sur les défis qui persistent, notamment dans la réduction des risques liés à l’usage de drogues.
Les données présentées montrent une évolution notable. Entre 2013 et 2024, les nouvelles infections ont baissé de 22 %. La proportion de personnes connaissant leur statut sérologique est passée de 49 % à 80 %. L’accès aux traitements antirétroviraux atteint désormais 95 %, un niveau qui rapproche le Maroc des objectifs internationaux. Les efforts menés pour éliminer la transmission mère-enfant continuent également de porter leurs fruits.
La réduction des risques constitue un volet majeur de cette progression. En 2023, 88 % des usagers de drogues injectables ont bénéficié de services de prévention. Le pays distribue en moyenne 104 seringues par personne et par an. Près de 86 % des bénéficiaires maintiennent leur traitement à la méthadone. Ces mesures ont contribué à réduire la prévalence du VIH dans ce groupe, passée de 7,1 % en 2017 à 5,3 % en 2023. Le programme de méthadone enregistre aujourd’hui 1 836 bénéficiaires, un chiffre multiplié par plus de six depuis son lancement.
Réduction des risques : un levier central pour freiner la transmission
Le Plan stratégique national intégré de lutte contre le sida, l’hépatite virale et les IST fixe des objectifs ambitieux à l’horizon 2030. Il prévoit d’étendre l’accès aux services de prévention pour 95 % des populations clés, de proposer des interventions ciblées pour 165 000 personnes et d’atteindre 4.000 bénéficiaires sous méthadone. Le Maroc vise également 1,6 million de tests VIH par an, dont 600.000 pour les femmes enceintes, ainsi que 21 500 personnes sous traitement antirétroviral. Sur le volet hépatite virale, 2,5 millions de dépistages et 10.500 traitements sont programmés.
Le ministère rappelle que les services de dépistage, de suivi et de prise en charge sont gratuits dans les établissements publics. Cette gratuité traduit la volonté de garantir l’équité d’accès et de protéger les droits des personnes vivant avec le VIH.

