Journée mondiale contre l’hépatite : une maladie silencieuse qui progresse encore dans l’ombre au Maroc

À l’occasion de la Journée mondiale contre l’hépatite, célébrée ce 28 juillet, le Maroc s’interroge sur sa capacité à détecter, traiter et prévenir ces infections virales qui touchent encore des milliers de personnes dans le pays. Si les chiffres officiels parlent d’une prévalence “intermédiaire”, la réalité sur le terrain est plus nuancée.

Les données les plus récentes indiquent que le Maroc compterait environ 0,5 % de personnes atteintes par le virus de l’hépatite C (VHC). Pour l’hépatite B (VHB), la séroprévalence serait légèrement plus élevée, autour de 0,6 à 0,7 %, selon les estimations du ministère de la Santé.

D’autres études, menées notamment chez les donneurs de sang dans certaines régions comme Agadir, révèlent des taux nettement plus élevés : 4,2 % pour l’hépatite B et 3,8 % pour l’hépatite C, avec des cas de co-infection. Des données qui rappellent que l’épidémie n’est pas homogène et que certaines poches de population sont plus exposées.

Le Maroc s’est engagé, à travers un plan national 2022–2026, à réduire de moitié les nouvelles infections et la mortalité liée au virus de l’hépatite C. Un objectif ambitieux, qui s’inscrit dans la stratégie de l’OMS visant à éliminer l’hépatite virale comme menace pour la santé publique d’ici 2030.

Mais le chemin reste long. Le diagnostic précoce reste insuffisant, le dépistage est encore peu systématisé dans les structures de soins de première ligne, et les traitements ne sont pas toujours accessibles à tous ceux qui en ont besoin. La sensibilisation, notamment auprès des populations à risque, reste limitée. Et les professionnels de santé manquent parfois de moyens pour orienter, suivre et accompagner les patients.

Aujourd’hui, la lutte contre l’hépatite passe par des gestes simples mais essentiels : se faire dépister, se faire vacciner contre l’hépatite B, limiter les comportements à risque, et briser le silence autour de cette maladie encore trop souvent invisible.

La Journée mondiale contre l’hépatite doit être l’occasion de rappeler que cette infection n’est pas une fatalité. Elle peut être évitée, dépistée et traitée. Encore faut-il que l’information, l’accès aux soins et la volonté politique suivent.

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