Santé Mag a visité le site industriel de la filiale marocaine du géant pharmaceutique allemand, Bayer, ce 16 décembre. Implanté à Nouaceur, dans la périphérie sud de Casablanca. Cette unité constitue aujourd’hui le seul site de production du groupe en Afrique, au sein d’un dispositif industriel mondial volontairement rationalisé.
L’usine marocaine intervient sur des étapes clés de la fabrication pharmaceutique. Elle assure la transformation, puis le conditionnement de formes solides, notamment des comprimés classiques et effervescents, destinés aussi bien au marché marocain qu’à l’export.
À l’occasion des 20 ans de présence industrielle de Bayer au Maroc, Ahmed Mellal, Consumer Health Production Site Head, a rappelé que cette plateforme joue un rôle structurant au sein de la division Santé grand public du groupe. Les flux de production sont organisés pour répondre à des marchés soumis à des exigences réglementaires variées.
Mis en service au début des années 2000, le site a évolué par paliers successifs. Ces adaptations ont permis d’aligner les installations sur les standards internationaux de qualité, de conformité et de traçabilité.
Aujourd’hui, plusieurs marques du portefeuille Consumer Health y sont fabriquées, dont Redoxon, Berocca, Supradyn, Rennie et Aspiro. L’usine produit également pour des partenaires tiers, selon des cahiers des charges spécifiques.
Une part majoritaire des volumes est destinée à l’international. Les produits issus de Nouaceur sont exportés vers plus de 35 pays, répartis entre l’Europe, l’Afrique et le Moyen-Orient. Le chiffre d’affaires annuel lié à cette activité avoisine 340 millions de dirhams, dont près de 75 % proviennent des ventes à l’étranger.
Cette ouverture repose sur un dispositif réglementaire exigeant. Le site dispose des autorisations nationales requises, d’une certification halal et d’une certification GMP allemande, nécessaire pour certains marchés européens.
Capacités industrielles et trajectoire d’investissement
L’usine fonctionne sur plusieurs lignes de production, activées selon les besoins. En moyenne, la capacité peut dépasser 22 000 unités, grâce à une organisation flexible des cadences et des équipes.
Bayer prévoit une nouvelle phase d’investissement à moyen terme. Environ 200 millions de dirhams doivent être engagés sur cinq ans, avec un accent mis sur l’intégration locale, notamment pour les composants de conditionnement.
Des projets concernent aussi la montée en volume de certaines gammes, le développement de canaux e-commerce et l’internalisation progressive de nouvelles productions.
Le site s’inscrit par ailleurs dans une logique de digitalisation industrielle. Les équipements sont connectés, permettant un suivi à distance des performances, en coordination avec les autres unités du groupe.
Qualité, contrôle et exigences sanitaires
Au cours de la visite, Santé Mag a suivi le parcours des produits, depuis la réception des matières premières jusqu’au conditionnement final. Les différentes opérations se déroulent dans des zones à atmosphère contrôlée, selon des protocoles sanitaires stricts.
Les étapes de pesée, de mélange, de compression et d’emballage sont réalisées sous la supervision d’équipes qualifiées. Les produits non conformes sont automatiquement écartés, puis analysés afin d’identifier les écarts.
Bayer mène également des audits réguliers auprès de ses fournisseurs, notamment sur les emballages, afin de garantir une qualité constante. Certaines lignes sont adaptées à des marchés spécifiques, comme le Royaume-Uni ou la Turquie, avec des exigences différenciées.
À travers cette organisation, le site de Nouaceur s’impose comme une plateforme industrielle intégrée, connectée aux chaînes de valeur internationales, et pleinement inscrite dans le paysage pharmaceutique marocain.

