Cadre juridique, gouvernance, données de santé ou encore formation des professionnels : un Livre blanc élaboré par le Centre d’Innovation en e-Santé (CIeS) de l’Université Mohammed V de Rabat identifie les principaux chantiers à engager pour accompagner le développement de l’intelligence artificielle dans le système de santé marocain.
L’intelligence artificielle s’impose progressivement dans de nombreux domaines de la médecine, du diagnostic à l’organisation des soins. Pour ses auteurs, le Maroc dispose d’un environnement favorable à son développement grâce aux réformes engagées dans le secteur de la santé et à la montée en puissance de son écosystème numérique. Le rapport estime toutefois que cette dynamique gagnerait à être mieux structurée afin d’éviter la multiplication d’initiatives isolées.
Pour le Pr Anass Doukkali, président du Centre d’Innovation en e-Santé, l’enjeu ne réside plus dans la disponibilité des technologies, mais dans la capacité à leur donner un cadre cohérent. « Ce Livre blanc n’est pas une promesse, c’est un appel à l’action. Le Maroc a tous les atouts pour faire de l’IA un instrument de souveraineté sanitaire et d’équité ; il lui appartient désormais de fixer le cap pour y arriver », explique-t-il.
Le rapport recommande notamment de définir un cadre réglementaire propre à l’intelligence artificielle médicale, de renforcer l’interopérabilité et la souveraineté des données de santé, de développer des profils associant médecine et numérique, ainsi que de mettre en place une gouvernance et des mécanismes de financement dédiés. Selon ses auteurs, ces fondations devront précéder un déploiement plus large des solutions d’IA dans les établissements de santé.
Le document est le résultat de plus d’une année de travaux associant comparaisons internationales et consultations menées auprès de professionnels de santé, de décideurs, de chercheurs, de patients et d’acteurs de l’innovation.

