Handicap au Maroc : 74% des administrations sans cadre d’accessibilité adapté

L’accès aux services publics reste un défi pour les personnes en situation de handicap au Maroc. C’est ce qui ressort d’une étude, présentée ce 31 mars à Salé, à l’occasion de la Journée Nationale des Personnes en Situation de Handicap.

Intitulée « Usagers en situation de handicap : conditions d’accessibilité aux services et insertion administrative », l’étude a été réalisée par l’Institution du Médiateur du Royaume, en partenariat avec le Secrétariat d’État chargé de l’Insertion sociale et l’Observatoire national du développement humain (ONDH). Elle interroge directement la notion d’équité dans l’accès aux soins et aux services essentiels.

Les résultats sont sans appel. Près de 74% des administrations ne disposent d’aucun cadre organisationnel clair pour encadrer l’accueil des personnes en situation de handicap. En l’absence de référentiel, les pratiques reposent souvent sur des initiatives individuelles. Cette situation limite la continuité des services et freine l’amélioration des pratiques.

Des solutions temporaires qui ne suffisent pas

Ces lacunes dépassent le cadre administratif. Elles influencent directement l’accès aux structures de santé. Difficultés d’orientation, absence de signalétique adaptée ou manque d’accompagnement compliquent le parcours des patients.

L’accès physique reste inégal. Si certaines administrations ont adapté leurs entrées, d’autres équipements essentiels restent insuffisants. Les sanitaires accessibles et les dispositifs d’orientation font souvent défaut. Cette réalité limite l’autonomie des personnes concernées.

Face à ces limites, 81% des administrations mettent en place des solutions ponctuelles. Accueil au rez-de-chaussée, accompagnement humain ou traitement prioritaire figurent parmi les mesures adoptées.

Ces dispositifs permettent de répondre à certaines situations. Mais ils ne remplacent pas une adaptation structurelle. Leur caractère temporaire empêche toute standardisation des pratiques et limite leur efficacité à long terme.

Vers une approche globale de l’inclusion en santé

La digitalisation des services publics pourrait améliorer l’accessibilité. Pourtant, moins d’une administration sur deux propose des services numériques. Parmi elles, certaines restent difficilement utilisables pour les personnes en situation de handicap.

Ce retard constitue un frein supplémentaire. L’accès à l’information et aux démarches administratives, souvent liées à la santé, reste inégal. L’enjeu est désormais d’intégrer l’accessibilité dès la conception des outils numériques.

Au-delà des infrastructures, la question de l’inclusion professionnelle se pose également. Moins de la moitié des administrations comptent des employés en situation de handicap. Ce chiffre reste insuffisant pour impulser un changement durable.

L’étude appelle à une transformation progressive. Elle recommande d’adapter les bâtiments anciens et d’imposer des normes strictes pour les nouvelles constructions. L’objectif est de garantir un accès équitable aux services publics.

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