GMT+1 au Maroc : une étude alerte sur les impacts sur le sommeil, la santé et la sécurité routière

Le débat autour du maintien du GMT+1 au Maroc refait surface à la lumière d’une récente étude sur ses effets sanitaires et sociaux. L’analyse met en avant un impact direct sur le sommeil, la sécurité routière et le rythme de vie des citoyens, notamment en raison du phénomène de « matins sombres ».

Selon cette étude de l’African Center for Strategic Studies and Digitalization (CAESD), le décalage horaire permanent entraînerait une réduction moyenne du temps de sommeil quotidien, pouvant atteindre jusqu’à 32 minutes chez certains groupes. Les adolescents apparaissent particulièrement vulnérables, avec un déficit de sommeil susceptible d’affecter leur concentration et leurs performances scolaires.

Les chercheurs évoquent également un lien entre le positionnement à l’ouest d’un fuseau horaire et la perte chronique de sommeil. Ce déséquilibre biologique pourrait accroître, à long terme, les risques d’obésité, de diabète et de maladies cardiovasculaires, en raison d’un dérèglement du rythme circadien.

Plus de mal que de bien ?

La question de la sécurité routière est aussi soulevée. Des analyses internationales associent les matins plus sombres à une hausse du risque d’accidents de la route, avec une augmentation notable des décès dans certaines zones occidentales des fuseaux horaires. Cette corrélation renforce les inquiétudes sur les déplacements matinaux des élèves et des travailleurs.

Sur le plan énergétique, les bénéfices du maintien permanent de l’heure d’été restent contestés. Certaines expériences internationales n’ont pas démontré d’économies d’électricité significatives, tandis que d’autres études suggèrent même une légère hausse de la consommation résidentielle.

L’étude souligne toutefois un avantage économique limité, lié à une meilleure synchronisation horaire avec l’Union Européenne, notamment pour les secteurs exportateurs et les services externalisés. En revanche, ce choix réduit le chevauchement horaire avec d’autres marchés internationaux, ce qui pourrait freiner la diversification économique.

Un changement d’horaire à réévaluer

Face à ces constats, les auteurs recommandent des mesures d’atténuation à court terme, dont le report des horaires scolaires et administratifs à 9h entre novembre et février. Cette adaptation viserait à réduire la fatigue matinale et à protéger la santé des élèves et des fonctionnaires.

À moyen terme, l’étude plaide pour une évaluation nationale indépendante et transparente du coût-bénéfice du GMT+1, incluant ses effets sur la santé publique, l’économie et la qualité de vie. Elle appelle également à une consultation nationale élargie afin d’éclairer une décision stratégique fondée sur des données scientifiques et sociales.

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