GITEX Africa Morocco 2026 : l’intelligence artificielle redessine le parcours du médicament

Une session organisée dans le cadre de GITEX Africa Morocco a exploré l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur la recherche biomédicale, ce 8 avril à Marrakech. L’initiative est portée par le Ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration.

Intitulée « AI Across the Medicine Lifecycle: From Target Discovery to Precision Therapy », elle a proposé une lecture complète du cycle de vie du médicament à l’ère des technologies algorithmiques.

Les échanges ont mis en évidence une transformation profonde des processus. L’IA accélère la découverte de molécules, optimise les essais cliniques et affine la détection des effets indésirables. Elle ouvre aussi la voie à une médecine plus personnalisée. Cette mutation concerne toute la chaîne, de la recherche fondamentale à la prise en charge du patient.

Un format immersif pour suivre chaque étape

Le format retenu s’est voulu immersif. La session a retracé chaque étape, du préclinique à la pharmacovigilance, en passant par les essais cliniques et l’autorisation de mise sur le marché. Un fil narratif a structuré les discussions, avec l’intervention de chercheurs, cliniciens, startups, experts internationaux et autorités réglementaires.

La session a également bénéficié de la contribution de l’Association des Compétences Marocaines du Monde (CM²), présidée par le Dr Souâd Naimi. L’association œuvre à la mise en réseau des expertises marocaines et au partage de connaissances, en lien avec les enjeux de recherche et d’innovation en santé.

Dans un échange avec Santé Mag, Khalil Aouad, chargé de mission au Ministère de la Transition Numérique et de la Réforme de l’Administration en charge de l’innovation IA et santé, précise l’architecture de cette session. L’événement, étalé sur quatre heures, s’articule autour de cinq panels couvrant l’ensemble du cycle de vie du médicament.

« L’objectif est de retracer toute l’histoire du médicament, depuis la découverte de la molécule jusqu’à sa prescription au patient », explique-t-il. Chaque étape fait l’objet d’un panel dédié, mobilisant des experts pour analyser les différentes phases, de la recherche préclinique aux essais cliniques, jusqu’à l’autorisation de mise sur le marché.

À travers cette structuration, les organisateurs entendent montrer l’apport de l’intelligence artificielle à chaque niveau. L’IA transforme ainsi l’ensemble du cycle de vie du médicament, de la recherche aux usages cliniques.

Data sanitaire : un enjeu central pour l’IA

Au cœur des débats, la question des données de santé s’est imposée. Leur accès, leur partage et leur encadrement conditionnent désormais le développement de l’IA en santé. Dans un échange avec Santé Mag, la Pr Cécile Badoual, cheffe du département de biologie et de pathologie médicale à Gustave Roussy, souligne l’intensité des collaborations entre le Maroc et la France, notamment en intelligence artificielle et en informatique médicale.

Elle rappelle toutefois que ces coopérations reposent sur des cadres stricts. « La recherche dépend de réglementations nationales et européennes précises, notamment sur l’utilisation des données », explique-t-elle. Ces exigences encadrent les échanges et imposent des contraintes aux projets internationaux.

Une réflexion structurante pour le Maroc et l’Afrique

Pour la spécialiste, l’enjeu se situe désormais dans la capacité à faire évoluer ces cadres. Adapter les réglementations permettrait de fluidifier les collaborations et d’exploiter pleinement le potentiel des données issues de différents pays. « La santé n’est plus nationale, elle est globale », insiste-t-elle, évoquant la nécessité d’une approche coordonnée à l’échelle internationale.

Au-delà de la démonstration technologique, la session a posé les bases d’un débat structurant. Gouvernance des données, souveraineté numérique et éthique s’imposent comme des conditions clés pour un déploiement maîtrisé de l’IA dans le développement du médicament.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large. Elle vise à structurer une réflexion nationale sur la recherche biomédicale augmentée par l’intelligence artificielle. Elle met aussi en lumière les acteurs marocains et africains engagés dans ce domaine, tout en valorisant les capacités d’innovation du continent.

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