Formation infirmière : une étude révèle l’usage massif de ChatGPT et alerte sur les risques pédagogiques

L’intelligence artificielle transforme déjà la formation des professionnels de santé. Une étude internationale publiée en janvier 2026 dans la revue Health Professions Education montre que près de 80 % des étudiants en soins infirmiers utilisent ChatGPT dans leurs apprentissages.

Basée sur l’analyse de 913 étudiants, cette recherche met en évidence une adoption rapide des modèles de langage dans les pédagogies actives, notamment l’apprentissage par problèmes et par projets.

Intitulée « ChatGPT Use in Active Learning Among Nursing Students: A Cross-sectional Study », l’étude indique que ChatGPT est principalement mobilisé pour résoudre des problèmes, structurer des travaux et soutenir l’apprentissage autonome. En revanche, la maîtrise des risques reste insuffisante. Moins d’un tiers des étudiants identifie clairement les enjeux liés au plagiat, à l’appauvrissement du raisonnement critique ou au respect du droit d’auteur.

Une perception qui différe

Les auteurs observent également une différence nette selon le niveau académique. Les étudiants de troisième année se montrent plus conscients des limites de l’outil que ceux de première année. Ce constat souligne l’absence de formation précoce et structurée à l’usage des intelligences artificielles génératives dans les cursus de santé.

Parmi les coauteurs figure le Pr Ahmed Rhassane El Adib, Directeur général du site Marrakech de la Fondation Mohammed VI des Sciences et de la Santé (FM6SS) et Doyen de la Faculté de médecine Mohammed VI de Marrakech. Son implication dans cette recherche s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’intégration de l’IA dans la formation médicale et paramédicale. L’étude plaide pour une approche pédagogique progressive, critique et encadrée, dès les premières années d’études.

Les enjeux dépassent le cadre académique. Les infirmiers occupent une place centrale dans la qualité et la sécurité des soins. Un usage non maîtrisé de l’IA pourrait fragiliser certaines compétences essentielles.

À l’inverse, une intégration réfléchie de ces outils peut renforcer l’apprentissage, à condition de préserver le raisonnement clinique et l’éthique professionnelle. Pour les auteurs, l’IA est désormais un fait pédagogique. Il appartient aux institutions d’en définir les règles.

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