EXCLUSIF : Yasmina Baddou alerte sur les risques d’une santé à deux vitesses à l’ère du digital

À l’occasion de la première édition du GITEX Future Health Africa Morocco, organisée à Casablanca, Yasmina Baddou a accordé un échange exclusif à Santé Mag. Ancienne ministre de la Santé, avocate, femme politique et présidente de l’Association AMANI, elle a partagé sa vision des transformations que traverse aujourd’hui le système de santé marocain.

Intelligence artificielle, hôpital du futur, gouvernance, accès aux soins et inégalités territoriales : Yasmina Baddou appelle à une modernisation qui ne perde jamais de vue l’humain, la dignité du patient et l’équité.

L’ancienne ministre affirme soutenir pleinement les avancées liées à l’intelligence artificielle, à la robotique ou encore à la digitalisation des parcours de soins. Selon elle, ces technologies représentent une évolution incontournable pour les systèmes de santé modernes.

Elle estime toutefois que cette transformation ne doit pas accentuer les disparités déjà existantes, notamment entre les territoires ruraux et urbains ou entre les populations vulnérables et les citoyens disposant de davantage de moyens.

Au fil de l’échange, elle rappelle que le patient doit rester au centre des politiques publiques de santé. Elle insiste également sur la nécessité de préserver la dimension humaine des soins, malgré l’essor des nouvelles technologies.

L’ancienne ministre considère que l’intelligence artificielle peut contribuer à améliorer l’efficacité du système de santé, notamment à travers la fluidification des rendez-vous, la gestion des urgences ou encore l’accélération de certains processus administratifs et médicaux.

Elle souligne néanmoins que ces outils ne remplaceront jamais les ressources humaines, alors que le Maroc continue de faire face à un manque de médecins et d’infirmiers.

Yasmina Baddou revient aussi sur les enjeux liés à la généralisation de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO). Selon elle, certains dysfonctionnements observés aujourd’hui montrent l’importance d’intégrer davantage la réalité des citoyens dans les phases de transition et de mise en œuvre des réformes.

Pour l’ancienne ministre, la digitalisation doit rester un levier d’inclusion et non un facteur supplémentaire d’exclusion.

Au-delà des technologies, elle rappelle que l’hôpital du futur repose aussi sur des ressources humaines qualifiées, des médicaments accessibles et des plateaux techniques performants.

Elle souligne enfin que les investissements dans l’innovation doivent s’accompagner d’une vision globale fondée sur la gouvernance, l’évaluation des politiques publiques et la complémentarité entre les secteurs public et privé.

À travers cet échange, Yasmina Baddou plaide ainsi pour un modèle de santé capable d’intégrer les avancées technologiques tout en garantissant l’équité, la dignité et l’accès aux soins pour l’ensemble des citoyens.

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