Diabète et Ramadan : l’OMS met en garde contre les risques métaboliques liés au jeûne

À l’approche du Ramadan, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rappelle que le jeûne nécessite une vigilance particulière chez les personnes atteintes de diabète. L’abstention prolongée d’aliments et de boissons peut exposer ces patients à des déséquilibres métaboliques potentiellement graves.

Le jeûne modifie profondément l’équilibre énergétique de l’organisme. Privé d’apports durant de longues heures, le corps puise d’abord dans ses réserves de glucose, avant d’augmenter l’utilisation des lipides comme source d’énergie.

Chez les personnes diabétiques, ce mécanisme d’adaptation reste plus fragile. La régulation de la glycémie étant altérée, les variations du taux de sucre dans le sang peuvent devenir imprévisibles au cours de la journée.

Les autorités sanitaires soulignent que le jeûne prolongé peut favoriser l’hypoglycémie, l’hyperglycémie et la déshydratation. Ces complications surviennent en raison des longues heures sans apport nutritionnel et des changements de rythme alimentaire.

La baisse excessive de la glycémie peut apparaître en journée, notamment chez les patients sous traitement hypoglycémiant. À l’inverse, la rupture du jeûne, souvent riche en sucres rapides, peut entraîner une élévation brutale du taux de glucose sanguin.

Ces fluctuations répétées compliquent l’équilibre glycémique et peuvent aggraver l’état de santé des patients diabétiques.

Des adaptations physiologiques importantes pendant le jeûne

Le Ramadan entraîne des modifications hormonales et métaboliques significatives. La sécrétion d’insuline, l’hydratation et la production hépatique de glucose évoluent en fonction du nouveau rythme alimentaire.

Pour les patients diabétiques, ces changements nécessitent souvent une réorganisation du traitement. L’ajustement des doses, des horaires de prise et du suivi médical devient essentiel afin d’éviter les complications.

Les professionnels de santé recommandent une consultation préalable avant le début du jeûne. Cette démarche permet d’évaluer le niveau de risque et d’adapter la prise en charge thérapeutique.

Certains profils présentent un risque élevé, notamment les patients avec un diabète instable, des complications chroniques ou une grossesse. Dans ces situations, le jeûne peut être déconseillé pour des raisons médicales.

L’importance du suivi glycémique durant le mois sacré

Lorsque le jeûne est médicalement autorisé, la surveillance de la glycémie doit être renforcée. Un suivi régulier permet de détecter rapidement toute variation dangereuse du taux de sucre.

Les spécialistes recommandent de contrôler la glycémie avant et après la rupture du jeûne, d’adopter une alimentation équilibrée au suhoor et à l’iftar, et de maintenir une hydratation suffisante pendant les heures non jeûnées.

En cas de symptômes évocateurs d’hypoglycémie, tels que vertiges, sueurs ou tremblements, l’interruption du jeûne s’impose pour prévenir toute complication. La décision de jeûner doit ainsi reposer sur une évaluation médicale individualisée, afin de concilier pratique religieuse et sécurité sanitaire.

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