Couverture sanitaire universelle : l’OMS alerte sur un ralentissement mondial

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) alerte sur un net coup d’arrêt dans l’avancée vers la couverture sanitaire universelle. Les nouvelles données publiées par l’agence montrent que l’accès aux soins essentiels progresse trop lentement, tandis que le poids financier pesant sur les ménages augmente dans la plupart des régions du monde.

L’indice mesurant l’accès aux services essentiels est passé de 45 en 2000 à 68 en 2021. Mais depuis 2015, les progrès se font rares. L’OMS observe une hausse de seulement trois points en six ans, suivie d’une stagnation entre 2019 et 2021. Conséquence : près de 4,5 milliards de personnes ne disposent toujours pas d’une couverture complète des services essentiels.

Cette lenteur survient alors que les dépenses de santé supportées directement par les ménages continuent d’augmenter. Plus d’un milliard de personnes sont confrontées à des frais médicaux qualifiés de catastrophiques. En parallèle, 344 millions d’entre elles basculent dans l’extrême pauvreté à cause de dépenses liées aux soins.

Des systèmes de santé fragilisés après la pandémie

La crise du COVID-19 a accentué les difficultés existantes. En 2021, 92 % des pays signalaient des perturbations dans la délivrance des soins essentiels.
En 2022, malgré un retour progressif à la normale, 84 % déclaraient encore des dysfonctionnements.

Ces perturbations ont entraîné un recul de nombreux services. En 2021, près de 25 millions d’enfants n’ont pas reçu leurs vaccins de routine. L’accès aux soins d’urgence, aux interventions chirurgicales et aux traitements critiques a également été affecté, avec des conséquences qui se font encore sentir.

Pour l’OMS, la sortie de cette impasse passe par un recentrage des politiques de santé sur les soins primaires. Selon l’organisation, cette approche permettrait d’assurer 90 % des interventions essentielles nécessaires pour atteindre la couverture sanitaire universelle. Une transition réussie pourrait sauver 60 millions de vies et relever l’espérance de vie mondiale de 3,7 ans d’ici 2030.

Cette stratégie repose sur un accès de proximité, un continuum de soins et une répartition équitable des professionnels de santé. Elle vise également à renforcer la protection financière afin de limiter l’endettement des ménages confrontés à des dépenses médicales imprévues.

Une cible des ODD qui s’éloigne

Les progrès observés au niveau national masquent souvent des écarts importants entre les populations. Les ménages ruraux, pauvres ou comptant des personnes âgées sont les plus exposés aux dépenses catastrophiques. Les services de santé reproductive, maternelle et infantile restent également inégalement répartis.

L’OMS estime que le suivi régulier de ces inégalités est indispensable pour ajuster les politiques publiques et orienter les efforts vers les populations les plus vulnérables.

L’objectif de couverture sanitaire universelle, inscrit dans les Objectifs de Développement Durable (ODD) pour 2030, apparaît de plus en plus difficile à atteindre si le rythme actuel se poursuit.

L’OMS appelle les États à redoubler d’efforts pour renforcer leurs systèmes de santé, améliorer la qualité des services et soutenir financièrement les ménages confrontés à des dépenses lourdes.

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