Dans son rapport « Investing in Health: Pathways for a Fiscal Pivot », la Banque Mondiale (BM) cite le Maroc comme un cas d’étude des défis liés à la généralisation de la couverture médicale.
Le document analyse les réformes engagées par le Royaume dans le cadre de l’extension de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), en les confrontant aux contraintes budgétaires structurelles.
Le rapport souligne l’élargissement rapide du cadre légal de l’AMO à des populations historiquement exclues du système contributif. Cette évolution est décrite comme une transformation institutionnelle majeure, traduisant une volonté d’universaliser l’accès à la protection sociale et aux soins de santé.
La BM met toutefois en évidence un décalage entre l’extension des droits et la capacité effective de financement. Au Maroc, la prédominance du secteur informel limite la mobilisation des cotisations, réduisant l’impact financier attendu de la généralisation sur les ressources du système de santé.
Selon l’analyse, les régimes fondés principalement sur les contributions atteignent rapidement leurs limites dans ce contexte économique. Le rapport estime que la soutenabilité de l’AMO repose de plus en plus sur les financements budgétaires directs de l’État, plutôt que sur l’élargissement des bases contributives.
La Banque Mondiale conclut que la réussite durable de la couverture médicale généralisée au Maroc dépendra de choix fiscaux explicites en faveur de la santé. Dans un environnement marqué par des marges budgétaires contraintes et un recul progressif de l’aide internationale, la question centrale devient celle de la priorisation des dépenses publiques de santé.

