Le marché mondial de la chirurgie robotique entre dans une phase de recomposition. Longtemps dominé par quelques industriels occidentaux, il voit émerger de nouveaux acteurs, notamment en Asie, capables de redistribuer les équilibres.
L’annonce du dépôt du système OTTAVA™ par Johnson & Johnson (États-Unis) auprès de la FDA en janvier 2026 illustre cette dynamique. Le groupe rejoint Intuitive Surgical (États-Unis), leader historique avec le système Da Vinci, et Medtronic (Irlande/États-Unis), déjà positionné avec la plateforme Hugo.
Le secteur reste aujourd’hui structuré autour d’un nombre limité d’acteurs. Intuitive Surgical conserve une avance importante en termes d’installations et d’expérience clinique. Medtronic et Johnson & Johnson cherchent à combler cet écart, tandis que d’autres industriels comme Stryker (États-Unis) ou CMR Surgical (Royaume-Uni) occupent des segments spécifiques.
Le marché des équipements chirurgicaux suit une trajectoire de croissance soutenue. Estimé à près de 50 milliards de dollars en 2026, il pourrait dépasser 90 milliards à l’horizon 2036. Cette progression repose en grande partie sur la robotique, qui s’impose progressivement dans de nombreuses spécialités.
Des acteurs chinois encore discrets mais en progression
En parallèle, de nouveaux entrants gagnent du terrain. C’est le cas de MicroPort MedBot (Chine), avec son robot chirurgical Toumai. Encore peu visibles dans certaines analyses internationales, ces acteurs développent des solutions technologiques comparables, souvent proposées à des coûts plus accessibles.
Leur présence reste aujourd’hui concentrée sur les marchés domestiques et émergents. Elle pourrait toutefois s’étendre à mesure que les barrières réglementaires s’allègent et que leur adoption progresse.
Au Maroc, un marché concentré autour de deux technologies
Au Maroc, la robotique chirurgicale reste encore limitée en volume, mais elle s’organise déjà autour de deux systèmes. Le Da Vinci d’Intuitive Surgical et le Toumai de MicroPort MedBot concentrent l’essentiel des usages au sein des grandes structures hospitalières et des groupes de santé privés.
Le système Da Vinci est notamment distribué par AB Medica à travers sa filiale locale, et équipe plusieurs établissements privés et hospitaliers.
À l’échelle internationale, la concurrence s’intensifie. Les industriels investissent massivement pour s’imposer dans les blocs opératoires, au-delà de la simple vente d’équipements. L’enjeu porte désormais sur l’écosystème global : logiciels, données et formation.
À horizon 2030, le bloc opératoire devrait évoluer en profondeur. Robotique, intelligence artificielle et digitalisation redéfinissent les pratiques chirurgicales. Pour les systèmes de santé, les enjeux sont multiples : coût d’équipement, formation des équipes et accès aux technologies.
Le marché de la chirurgie robotique entre ainsi dans une nouvelle phase, marquée par une concurrence élargie et une transformation rapide des standards médicaux.

