À l’occasion de Movember, Santé Mag a échangé avec le Pr Youness Ahallal sur deux cancers qui concernent directement la santé des hommes : celui de la prostate, le plus fréquent après 50 ans, et celui du testicule, diagnostiqué beaucoup plus tôt, parfois dès l’adolescence. Ces deux maladies rappellent l’importance d’une vigilance durable et d’un dépistage précoce, qui commence dès les premiers signes.
Un testicule non descendu ou rétracté depuis l’enfance augmente le risque de développer un cancer du testicule à l’âge adulte. Le Pr Ahallal souligne que ce risque n’implique pas une évolution systématique vers la maladie, mais qu’il impose une surveillance régulière.
Apprendre l’auto-examen dès l’adolescence reste essentiel pour repérer rapidement une anomalie, consulter à temps et éviter les retards diagnostiques auxquels sont souvent confrontés les jeunes adultes.
Des signes à ne jamais négliger
Les symptômes du cancer du testicule sont généralement visibles. L’apparition d’une boule dure, une modification de la taille du testicule, une douleur persistante ou une asymétrie nouvelle doivent pousser à consulter sans attendre.
Pour la prostate, les signes sont plus discrets. Les troubles urinaires, la présence de sang dans les urines ou des douleurs osseuses tardives peuvent révéler un problème sous-jacent. Dans les deux cas, le principe reste le même : tout changement inhabituel doit être évalué par un spécialiste.
Comprendre les risques pour mieux prévenir
Les deux cancers ne partagent pas les mêmes déterminants. Pour le testicule, le risque augmente en cas d’antécédents de testicule non descendu, d’antécédents familiaux, de certaines formes d’infertilité ou d’exposition environnementale.
Pour la prostate, l’âge reste le facteur dominant, renforcé par la génétique, l’origine ethnique, l’alimentation et un mode de vie sédentaire. Ces connaissances permettent d’identifier les profils les plus vulnérables et de guider les stratégies de prévention.
Robotique chirurgicale : une évolution majeure dans la prise en charge
La chirurgie robotique s’impose aujourd’hui comme un outil central dans le traitement des cancers de l’homme. Elle offre une précision accrue, limite les séquelles urinaires et préserve mieux les nerfs impliqués dans la fonction sexuelle.
Dans certaines situations, elle permet des interventions qui auraient été trop complexes en chirurgie classique. Cette évolution technologique modifie la trajectoire des soins et améliore les conditions de récupération pour de nombreux patients.
Les jeunes ont besoin de sensibilisation
Le Pr Ahallal insiste sur la nécessité de parler de santé testiculaire sans détour. L’auto-examen pourrait être enseigné dans les écoles, les clubs sportifs et relayé largement par les médias.
Les réseaux sociaux constituent également un levier important pour toucher les adolescents et lever les tabous. La prévention repose sur un message simple : repérer tôt, consulter vite et éviter les complications.

