Absentéisme dans les hôpitaux : le ministère passe à l’offensive

Le ministère de la Santé a récemment publié deux circulaires pour recadrer le fonctionnement interne des hôpitaux publics. Ces décisions font suite à une série de dysfonctionnements signalés ces derniers mois. Absences répétées, retards injustifiés et agressions ont fragilisé les services de soins dans plusieurs villes, notamment à Agadir.

La première circulaire impose un rappel strict : les professionnels de santé doivent respecter les horaires légaux. Ils sont tenus de rester sur leur lieu de travail durant tout leur service. Toute absence non justifiée sera désormais signalée et suivie de mesures disciplinaires. Le ministère estime que ces manquements nuisent à la qualité des soins et au bon fonctionnement des établissements.

La deuxième circulaire s’attaque aux conditions de travail. Elle demande aux responsables hospitaliers de sécuriser l’environnement des soignants. Cela passe par l’amélioration des espaces de repos, le renforcement de l’hygiène et la prévention des agressions. Ces mesures visent à répondre à une fatigue accumulée dans de nombreux services.

Le ministère de la Santé appelle aussi à accélérer le versement des indemnités liées aux gardes et aux astreintes. Ce point est sensible. Plusieurs médecins et infirmiers se plaignent de retards dans les paiements, parfois depuis des mois. Cette situation alimente un sentiment de découragement sur le terrain.

Ces décisions interviennent dans un climat tendu. À Agadir, des alertes sur l’absentéisme et les retards avaient été remontées ces dernières semaines. D’autres régions signalent aussi des tensions internes et un malaise grandissant parmi les équipes soignantes.

En toile de fond, c’est toute la réforme du système de santé qui est concernée. Le Maroc avance vers une généralisation de la couverture sociale. Mais cette transformation repose sur un personnel stable et motivé. Or, sans conditions de travail dignes, les objectifs risquent de rester hors de portée.

Ces deux circulaires marquent une tentative de reprise en main. Reste à savoir si elles seront suivies d’effets durables dans les établissements. Le respect des règles est nécessaire, mais il devra s’accompagner d’un meilleur soutien aux soignants. C’est à ce prix que la réforme pourra réussir.

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