Santé au Maroc : le FMI alerte sur un système sous-performant malgré les réformes

Le Maroc accélère ses réformes sanitaires. Pourtant, les résultats restent en deçà des attentes. Dans son dernier rapport publié fin mars, le Fonds Monétaire International (FMI) dresse un constat nuancé. Les indicateurs progressent, mais le système de santé ne tire pas pleinement parti des ressources mobilisées.

L’institution note une évolution positive de la situation sanitaire. L’espérance de vie atteint désormais environ 62 ans. La mortalité infantile recule nettement, passant de plus de 28 décès pour 1.000 naissances en 2010 à moins de 16 en 2023.

Ces progrès traduisent l’élargissement de l’accès aux soins et les efforts engagés ces dernières années. Mais ils restent inférieurs au potentiel du pays.

Des investissements freinés

Le FMI met en avant un problème central : l’efficacité du système. Selon ses estimations, les résultats de santé pourraient être supérieurs d’environ 27 % à budget constant. Une part importante des capacités reste donc inexploitée. Cette situation renvoie à des limites dans la gestion, la planification et le suivi des politiques publiques.

Le rapport pointe une faiblesse récurrente. En moyenne, seuls 70 % des investissements programmés dans le secteur sont effectivement réalisés. Ce décalage freine la modernisation des infrastructures hospitalières. Il limite aussi l’impact des équipements et des projets engagés.

Malgré l’extension de la couverture médicale, les ménages restent fortement sollicités. Le reste à charge atteint environ 43 % des dépenses de santé. Ce niveau dépasse largement les recommandations internationales. Il pèse sur l’accès aux soins, notamment pour les populations les plus vulnérables.

Des fragilités structurelles persistantes

Au-delà des chiffres, le FMI identifie plusieurs déséquilibres. Le manque de ressources humaines reste marqué. Les disparités territoriales limitent l’accès aux soins.

La qualité des services varie selon les structures. Le niveau de satisfaction des patients demeure faible. La gouvernance du système montre encore des limites.

Un décalage persiste aussi entre financement et organisation des soins. Ce point réduit l’efficacité globale.

Le Maroc a engagé plusieurs chantiers structurants. La généralisation de la couverture médicale en constitue un pilier.

Les autorités renforcent les effectifs et modernisent les infrastructures. Le FMI salue ces efforts, mais appelle à accélérer leur mise en œuvre. L’enjeu ne se limite plus aux budgets. Il concerne désormais l’impact réel sur la qualité des soins.

Gouvernance et confiance, deux enjeux clés

Le rapport insiste sur la nécessité de renforcer la gouvernance. La transparence et la redevabilité doivent progresser. La gestion des ressources humaines doit évoluer. Les procédures doivent gagner en efficacité.

Le FMI souligne aussi un enjeu de confiance. Les citoyens doivent percevoir des améliorations concrètes dans leur parcours de soins.

Le système de santé joue un rôle central dans le développement économique. Il conditionne la qualité du capital humain.

Pour le FMI, le Maroc dispose de marges de progression importantes. Mais leur concrétisation dépend désormais de l’efficacité du système.

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